Vous préparez le concours Sciences Po ? Entraînez-vous sur les annales des années passées ! Voici le corrigé du sujet 2024 en histoire : Les transformations de l'Europe en 1989-1992

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La période entre la fin des années 1980 et le début des années 1990 aura clairement été une période de transformation de l’Europe ; sa carte aura totalement été redessinée après ce passage historique, et son modèle diplomatique totalement refait en conséquence. Raison pour laquelle nous nous pencherons aujourd’hui sur la transformation de l’Europe entre 1989 et 1992. À l’aide de deux documents, à savoir le courrier du chancelier allemand Helmut Kohl destiné à François Mitterrand en 1990, qui lui était alors le chef d’État français, ainsi que deux cartes représentant l’Europe avant et après ce passage historique publié dans Buffalo News en 1991, nous allons chercher à répondre à notre problématique : pourquoi pouvons-nous dire que l’Europe s’est transformée à ce moment-là de l’Histoire et qu’il y a bien un eu avant et un après ; et en quoi la nouvelle Europe continentale diffère principalement de l’ancienne ?
Nous allons ainsi d’abord expliquer comment et pourquoi de nouveaux États ont été créés en Europe à ce moment-là, et ensuite illustrer le nouveau clivage diplomatique sur lequel cette transformation a débouché.
I. Création de nouveaux États
A. À l’Ouest de l’Europe : réunification allemande
Ce qui a changé la carte à l’Ouest de l’Europe, c’est surtout la réunification de l’Allemagne avec la chute du mur de Berlin, qui avait été construit après la fin de la Seconde Guerre mondiale suite à la défaite allemande dans l’optique du partage d’influence entre les alliés des États-Unis et l’URSS, tous les deux victorieux. Le chancelier allemand l’énonce alors, comme nous pouvons le voir dans le document 1 : « la séparation douloureuse des Allemands prend fin ».
C’est en effet un tournant, car l’Allemagne réunifiée redevient ainsi l’État le plus vaste territorialement en Europe de l’Ouest, qui deviendra aussi, par la suite, le pilier économique de l’UE. Mais, comme nous allons le voir dès à présent, sur cette période, de nouveaux États auront également vu le jour en Europe de l’Est.
B. À l’Est de l’Europe : de multiples changements
Tout d’abord, au début des années 90, de nouveaux États auront été créés suite à leur indépendance vis-à-vis de l’ex-Yougoslavie, et d’autres seront créés par la suite ; c’est ce qui aura posé le début du futur éclatement de cet État. Ensuite, toujours à l’Est, 1992 aura été la dernière année de l’existence de la Tchécoslovaquie, ce qui aura là aussi amené à la création de deux nouveaux États : la République tchèque ainsi que la Slovaquie.
Enfin — et c’est le changement le plus notable de tous — la chute de l’URSS donne lieu à la création de quinze nouveaux États, dont une partie conséquente est située en Europe continentale. C’est une transformation qui est notamment assez apparente visuellement sur les deux cartes du document 2 lorsqu’on les superpose.
Ainsi, comme nous l’avons vu, la carte de l’Europe aura totalement été redessinée entre 1989 et 1992. Mais surtout, ces changements auront entraîné une transformation de la diplomatie en Europe, et c’est ce que nous allons aborder dès à présent.
II. D’un ancien clivage vers un nouveau
A. Ancien clivage : pays sous influence occidentale vs pays sous influence soviétique
Avant cette période, la diplomatie en Europe aura été régie par ce que l’on appelle communément le rideau de fer, c’est-à-dire par une opposition entre la partie sous influence occidentale et celle sous influence soviétique ; allant même jusqu’à placer la nation allemande dans les camps opposés, d’où la douleur de la séparation évoquée par H. Kohl dans le document 1. Cette opposition aura été telle qu’elle aura débouché sur une course à l’armement et un soutien militaire des deux camps à des antagonistes de plusieurs conflits militaires, ce qui aura duré jusqu’en 1991 et ce que l’on appelle aujourd’hui la guerre froide.
C’est aussi une opposition qui ressort bien sur la carte du haut du document 2 : URSS impliquant ses alliées d’un côté, pays occidentaux de l’autre. Cependant, bien qu’une opposition entre deux camps perdurera en Europe après cette période, leur composition aura changé à ce moment précis, et c’est ce que l’on va voir dès à présent.
B. Nouveau clivage : UE et alliés vs Russie et alliés
La création de nouveaux États aura totalement changé la composition des camps antagonistes. Tout d’abord, parce que l’Allemagne est désormais unie et déterminée à coopérer avec ses alliés européens, loin des ex-RFA et RDA antagonistes, comme le fait remarquer le chancelier allemand dans sa lettre adressée à François Mitterrand retranscrite dans le document 1 : « Nous voulons, conjointement avec nos partenaires de la Communauté européenne, parachever le marché intérieur d'ici 1992. Nous allons résolument au-devant de l'union économique et monétaire. L'Allemagne unie participera énergiquement à la construction de l'union politique. ». Concernant les nouveaux États de l’ex-Yougoslavie, État sous influence soviétique jusqu’alors, beaucoup se retrouvent également dans le camp des alliés de l’UE, notamment en opposition avec les Serbes pro-russes. Mais surtout, ça sera aussi le cas des pays baltes, nés de la chute de l’ex-URSS, de la Moldavie ainsi que de l’Ukraine dans une mesure différente.
Ce nouvel antagonisme est bien apparent sur la carte du bas du document 2, qui fait notamment ressortir les nombreux nouveaux États résultés de la chute de l’URSS en opposition avec la Russie. Ainsi, il y aura bien eu un avant et un après au niveau de la diplomatie européenne, et cette période délimite bien les deux époques.
Conclusion
Nous pouvons ainsi conclure que l’Europe aura bien été transformée entre 1989 et 1992 : de nombreux nouveaux États nés précisément à cette période auront totalement changé la carte européenne. Ce changement aura à son tour chamboulé le paysage diplomatique européen, en faisant passer l’Europe du clivage Ouest/Est au clivage UE/Russie, avec leurs alliés respectifs. Ainsi, un nombre conséquent de pays aura, à ce moment précis, passé de l’autre côté au niveau diplomatique. Et comme nous avons pu le voir par la suite, ceci n’a jamais vraiment été accepté par la Russie, qui a depuis cherché, par tous les moyens, y compris militaires, d’imposer son influence sur les pays de l’ex-URSS. L’Europe est-elle donc vouée à un antagonisme perpétuel entre deux camps, ou alors, pourra-t-elle être transformée à nouveau avec une éventuelle fin des adversités diplomatiques ?