Vous préparez le concours Sciences Po ? Entraînez-vous sur les annales des années passées ! Voici le corrigé du sujet 2023 en histoire : Les relations américano-soviétiques de 1945 à 1953

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Pourtant situés dans le même camp à la fin de la Seconde Guerre mondiale par opposition aux forces de l’Axe, cette alliance de guerre contrainte en quelque sorte entre les États-Unis et l’URSS aura été de courte durée, ce qui aura par la suite débouché sur une polarisation du monde et, très rapidement, à la course à l’armement appelée la guerre froide.
À l’aide des deux documents qui nous sont proposés, à savoir le discours du président américain Truman de 1947 décrivant sa doctrine, dans lequel il dresse une opposition entre le modèle démocratique occidental et celui autoritaire, contre lequel le premier est amené à faire face ; ainsi qu’une caricature de propagande du dessinateur soviétique Boris Efimov datant de 1953 représentant les Américains en train de préparer une bombe camouflée sous des discours pacifistes, nous allons chercher à répondre à notre interrogation : comment l’antagonisme entre les États-Unis et l’URSS a-t-il pu remettre d’anciens alliés de guerre dans des camps opposés en si peu de temps, et sur quoi cet antagonisme était-il fondé ?
Nous allons ainsi d’abord expliquer ce qui opposait les deux antagonistes au niveau de leurs dogmes respectifs, ensuite voir comment deux blocs opposés se sont formés par la suite, et enfin expliquer comment et pourquoi cela a débouché sur une course intense à l’armement entre les deux adversaires.
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I. Des dogmes opposés
A. Dogme américain
Le dogme américain était alors basé sur le libéralisme : la liberté d’expression, de circulation, d’entreprendre, de posséder et de choisir ses dirigeants. C’était notamment réaffirmé dans la doctrine Truman en 1947, comme nous pouvons le voir dans le document 1 : « Ses principaux caractères sont les institutions libres, des gouvernements représentatifs, des élections libres, des garanties pour la liberté individuelle, la liberté d’expression et de religion, et pour être libre de toute oppression politique. »
Dogme logiquement incompatible avec celui des Soviétiques, comme réaffirmé ici également : « Le second mode de vie est basé sur la volonté d’une minorité imposée à la majorité. Il s’appuie sur la terreur et l’oppression, sur une radio et une presse contrôlées, sur des élections dirigées et sur la suppression de la liberté individuelle. ».
B. Dogme soviétique
Contrairement au dogme américain, c’est une horizontalisation de tous les citoyens subordonnés au régime soviétique, et non leur réussite personnelle, qui primait pour le camp d’en face. Ce qui, contrairement à ce qui se pratiquait aux États-Unis, impliquait une intervention et un contrôle maximaux de la part de l’État, et excluait la propriété et l’entreprise privées.
Là aussi, le dogme de l’antagoniste était rejeté : comme nous pouvons le voir sur le document 2, celui-ci était présenté sur une caricature soviétique datant de 1953 comme étant hypocrite et produisant des discours visant à cacher ses propres vices.
Cette opposition permettait ainsi à chacun des deux camps de se présenter soi-même comme étant celui luttant contre le véritable danger.
II. Une polarisation rapide du monde
A. Après la guerre
Suite à la capitulation des forces de l’Axe, la collaboration militaire entre Américains et Soviétiques s’est arrêtée dès 1945, faute de nécessité, et le monde s’est retrouvé scindé en deux parties par ce qu’on appelle le rideau de fer ; chacune des deux puissances ayant une forte influence et une proximité politiques au sein des deux parties respectives.
Comme nous pouvons le voir dans le document 1, le président américain Truman faisait alors lui-même ce constat : « Au moment présent de l’histoire du monde, presque toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. »
B. Expansion des alliances géographiques
Ainsi, en jouant sur cette opposition, chacune de ces deux puissances a pu d’autant plus accroître son influence et ses alliances politiques au sein de sa zone géographique : en Occident pour les États-Unis, et à l’Est pour l’URSS. Mais également, des alliances militaires ont elles aussi été développées, notamment avec la fondation de l’OTAN en 1949, création motivée justement par la nécessité de constituer une alliance défensive face à l’URSS.
Comme nous pouvons le lire dans le document 1, les États-Unis appuyaient en effet sur la sécurité que cela procurait à ses alliés : « Je crois que les États-Unis doivent pratiquer une politique d’aide aux peuples libres […] ». La rhétorique était analogique du côté de l’URSS, comme on peut le voir sur le document 2, où les Soviétiques sont représentés comme ayant découvert le pot aux roses des États-Unis, représentés, eux, comme une bombe cachée, et donc une menace.
III. Une course à l’armement
A. Prétexte défensif
C’est donc cela qui était en premier avancé par chacune des deux puissances pour justifier la course à l’armement dans laquelle elles se sont par la suite lancées, à savoir la volonté de se défendre et de défendre ses alliées contre son antagoniste, présenté comme une menace directe.
Lorsque nous analysons le document 2, les Américains y sont représentés en train de camoufler une bombe avec des discours pacifistes ; autrement dit, de se préparer à attaquer sans le déclarer, ce qui légitimerait alors le fait de s’armer à son tour. De l’autre côté, Truman mettait lui aussi en garde contre la menace militaire que représentaient les régimes autoritaires, comme nous le voyons dans le document 1 : « Les peuples d’un certain nombre de pays du monde se sont vu imposer, récemment, des régimes totalitaires contre leur propre volonté. »
B. Affirmation de la puissance et de l’influence plutôt qu’une préparation réelle à un conflit direct
De part et d’autre, le fait de s’armer massivement était ainsi légitimé au niveau de la rhétorique et du dogme. Cependant, en réalité, il s’agissait davantage d’une stratégie d’affirmation de la puissance et de l’expansion de l’influence pour chacun des deux pays, que d’une préparation à une confrontation militaire directe entre les deux, qu’aucune des deux parties n’anticipait réellement.
Cela a pu se manifester sur le terrain dès qu’a éclaté la guerre de Corée au début des années 1950, où les États-Unis soutenaient militairement le sud démocratique, alors que les Soviétiques faisaient de même avec le Nord communiste.
Conclusion
Comme nous l’avons donc vu, après la Seconde Guerre mondiale qui s’est terminée en 1945, à la fin de laquelle États-Unis et URSS étaient pourtant du même bord, le monde s’est retrouvé divisé en deux, les États-Unis ayant une forte influence sur l’une des deux parties, et l’URSS sur l’autre. Prônant des dogmes opposés, les deux pays ont pu chacun présenter leur antagoniste non seulement dangereux pour les valeurs nécessaires à défendre, mais aussi militairement, et contre lequel il fallait alors impérativement s’armer. Ceci s’est vite traduit par une course à l’armement qui a été entreprise de part et d’autre, et par la suite sur le terrain, avec les premières confrontations armées où les deux antagonistes soutenaient des parties opposées.
Ces tensions se seront un tant soit peu apaisées avec la mort de Joseph Staline en 1953, du fait d’une politique particulièrement répressive et d’une volonté d’affirmer sa puissance extrêmement forte qui avaient caractérisé sa gouvernance alors terminée. Cependant, et comme nous le savons, la guerre froide aura duré pendant presque quatre décennies de plus, avec parfois des pics, mais sans jamais déboucher sur une confrontation militaire directe entre les États-Unis et l’URSS, jusqu’à la chute de cette dernière.
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