Ce mercredi 17 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve de spécialité de SES. Le sujet de dissertation sur dossier documentaire portait sur la politique européenne de la concurrence. Voici une correction proposée en exclusivité par MyStudies !
![Dans quelle mesure la politique européenne de la concurrence atteint-elle ses objectifs ? - Bac général Spé SES 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fchatgpt-image-17-juin-2026-a-16-32-07-1_2b33cb396c.png&w=3840&q=75)
Introduction
L’Union européenne est souvent critiquée pour compromettre la compétitivité des entreprises ; autrement dit, leur capacité à faire face à la concurrence. Pour cause : sa politique de concurrence, qui correspond à un ensemble de règles établies censées garantir une concurrence loyale entre les entreprises présentes sur le marché. Nous allons aujourd’hui vérifier la légitimité de cette allégation en nous posant la question suivante : dans quelle mesure la politique européenne de la concurrence est-elle réussie ? Pour y répondre, nous allons, dans un premier temps, analyser les points forts de cette politique, et, dans un second temps, en analyser les points faibles.
1. Point fort : régulation de la concurrence entre entreprises européennes
1.1 Politique interne
La politique de l’Union européenne permet en effet de réguler la concurrence entre les entreprises installées au sein des pays de l’UE par la voie d’une règlementation supranationale qui prime sur le droit national, conformément au Traité sur l’Union Européenne, réglementation qui s’applique donc à tous les États membres d’une même manière. Ce qui lui permet d’appliquer, d’une manière assez efficace, plusieurs mesures de lutte contre les pratiques anticoncurrentielles.
1.2 Mesures déployées
Tout d’abord, il s’agit de l’interdiction des ententes entre entreprises, ce qui empêche l’étouffement des TPE et PME (ou équivalents nationaux) par les géants. Avec les mêmes objectifs, elle régule également les fusions et les concentrations des entreprises, comme l’illustre le document 1 ; en appliquant des sanctions contre celles qui ne respectent pas cette réglementation, comme le montre le document 2.
1.3 Bienfaits de cette politique
Cette politique permet à la fois de limiter les barrières à l’entrée, en favorisant ainsi la création et l’entrée sur le marché de nouvelles entreprises, et de lutter contre la flambée des prix, le niveau général des prix étant en grande partie déterminé par la concurrence.
De ce fait, la compétitivité des entreprises au sein même de l’UE est bel et bien favorisée par la politique de la concurrence européenne. Cependant, en ce qui concerne leur compétitivité à l’international, la situation est plus délicate. C’est ce que nous allons analyser dès à présent.
2. Point faible : sabotage de la compétitivité des entreprises européennes à l’international
2.1 Politique européenne augmentant le coût du travail
Cela étant dit, le point faible de la politique européenne reste son effet sur la compétitivité des entreprises européennes à l’international.
Pour cause : les normes de RSE européennes particulièrement strictes, qui rendent le coût de production en Europe alors très élevé. Là aussi, il s’agit d’une mesure supranationale, à laquelle aucun État membre de l’UE ne peut décider unilatéralement de déroger, sous peine d’être sanctionné financièrement.
2.2 Conséquence immédiate sur la compétitivité du coût du travail élevé
Comme c’est notamment illustré par le document 4, qui montre qu’aucun leader des moteurs de recherche sur ordinateur n’est européen ; ce coût de production en Europe, qui est alors nettement moins élevé en dehors de l’UE, empêche en effet les entreprises européennes de rivaliser avec celles installées ailleurs.
2.3 Conséquence de moyen terme de la baisse de la production
Un cercle vicieux se crée alors, puisque la pénurie de production qui en résulte pousse l’Europe à importer une production conçue et revendue pour moins cher, comme l’explique le document 3, production qui concurrence davantage les entreprises locales et aggrave encore plus leurs difficultés en matière de productivité.
Conclusion
En conclusion, nous pouvons donc dire que la politique européenne est certes efficace pour réguler la concurrence en interne, mais surtout contreproductive relativement à la compétitivité des entreprises européennes à l’international. En raison de la pénurie de production ainsi engendrée et l’importation ainsi contrainte, cette régulation interne ne serait donc pas suffisante pour préserver la production européenne, qui serait alors de plus en plus remplacée par la production importée, souvent de moins bonne qualité, mais surtout moins chère pour le consommateur. Pire encore, l’éviction du marché des entreprises locales pourrait rendre ces produits plus chers pour le consommateur local en raison de l’atténuation de la concurrence. Reste donc à voir si cette politique perdure en Europe.