Ce mercredi 17 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve de HGGSP. Les deux sujets de dissertation, au choix du candidat, portaient sur la protection de l'environnement et la résolution des conflits. L'étude critique de documents portait quant à elle sur l'espace et les océans. Voici des plans détaillés corrigés répondant à ces sujets, proposés en exclusivité par MyStudies !
![Bac général Spé HGGSP 2026 Sujet 2 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fbc0ab2d7-3ead-4519-b7d1-f4e4f5276fee_52f29ab104.png&w=3840&q=75)
Sujet de dissertation 1 - L’État, seul acteur de la protection de l’environnement ?
Thème 5 — L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire
Éléments d’introduction
Définition des termes du sujet
- État : acteur politique doté de la puissance publique
- Acteur : individus et organismes
- Seul : invite à réfléchir aux acteurs en présence
- Protection de l’environnement : lutte contre les pollutions, préservation des ressources et de la biodiversité, réponse au changement climatique
Contextualisation
Face à l’urgence environnementale, se traduisant notamment par l’effondrement de la biodiversité et le changement climatique, la question de la protection de l’environnement est devenue l’affaire de tous.
Problématique
Dans quelle mesure les acteurs non étatiques sont-ils nécessaires pour compléter l'action étatique en matière environnementale ?
I. L’État, un acteur historique et central dans la protection de l’environnement
A. L’État, seul détenteur du pouvoir réglementaire
Seul l’État est en mesure d’adopter des lois et des normes pouvant contraindre au respect de certaines règles environnementales. Nous pouvons prendre l’exemple de la loi de transition énergétique, ou encore l’interdiction de certains pesticides.
B. L’intervention économique de l’État
L’État peut également avoir une action indirecte en orientant les choix des entreprises, voire des consommateurs eux-mêmes, par exemple avec une fiscalité écologique (taxe carbone). Il peut aussi encourager les comportements responsables, avec notamment des subventions publiques soutenant le développement des énergies renouvelables.
C. La planification et l’aménagement du territoire
Les décisions urbanistiques relèvent également de l’État, permettant de préserver certains milieux naturels. Il peut ainsi créer des parcs nationaux ou des espaces protégés afin de limiter l’artificialisation et encadrer les activités.
II. Les limites de la seule action étatique dans l’atteinte des objectifs
A. Un problème d’échelles
La protection de l’environnement dépasse les frontières. La pollution atmosphérique et le changement climatique sont des exemples parlant prouvant qu’un seul État ne peut agir seul face à ces enjeux. Inversement, l’État est parfois en décalage avec les besoins locaux de par son manque de proximité.
B. Des moyens inégaux à l’échelle planétaire
Tous les pays n’ont pas les mêmes ressources – financières, techniques et humaines – pour s’engager dans la préservation de l’environnement. Par ailleurs, bon nombre de pays en développement vont allouer leurs ressources aux besoins directs de la population, qui paraissent prioritaires par rapport à des préoccupations environnementales leur semblant lointaines.
C. Une position entrainant des concessions
Le rôle de l’État n’est pour finir pas cantonner aux questions environnementales et ce dernier faire des concessions. Il subit la pression des lobbies industriels : les conflits d’intérêts mettent un frein aux objectifs. La lenteur administrative n’est pas non plus un facteur favorable face à l’urgence écologique.
III. L’apparition de nouveaux acteurs pour combler les failles de l’action étatique
A. Les organisations non gouvernementales (ONG)
Les ONG s’affirment comme des acteurs indispensables à l’atteinte des objectifs. Elles coopèrent avec les États. Leurs actions sont multiples : expertise scientifique, campagnes de sensibilisation, pression sur les gouvernements, négociations internationales (ex : Greenpeace, WWF, GIEC).
B. Les citoyens
Les mobilisations citoyennes, telles que les grèves pour le climat impulsées par le mouvement Fridays for Future, remettent en question l’efficacité des actions étatiques et visent à pousser les gouvernements à réagir et à s’engager davantage dans la protection de l’environnement.
C. Les entreprises
Longtemps perçues comme principales pollueuses, les entreprises ont aujourd’hui un rôle clé à jouer. Elles s’engagent notamment par le biais de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), des investissements dans l’innovation verte et la promotion de l’économie circulaire.
Sujet de dissertation 2 - Les acteurs et les modes de résolution des conflits depuis 1648.
Thème 2 — Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
Éléments d’introduction
Définition des termes du sujet
- Acteurs : États, organisations internationales, acteurs non étatiques
- Modes de résolution des conflits : moyens pour mettre un terme à une guerre et instaurer la paix
- Depuis : invite à adopter un plan chronologique
- 1648 : borne chronologique, renvoie aux traités de Westphalie
Contextualisation
Les traités de Westphalie ont mis fin à la guerre de 30 ans et fondé un ordre européen pour la résolution des conflits. Cependant, la logique étatique a été mise à mal par les guerres mondiales, la décolonisation et la mondialisation.
Problématique
Comment les acteurs et les modes de résolution des conflits ont-ils évolué depuis les traités de Westphalie de 1648 jusqu'à nos jours ?
I. 1648-1945 : l’État souverain et la diplomatie des traités
A. Les traités de Westphalie (1648)
Les traités de Westphalie reconnaissent la souveraineté et l'égalité juridique des États comme principes fondateurs des relations internationales. Selon ce modèle, l’État devient donc l’acteur quasi exclusif des relations internationales. La guerre est interétatique : il s’agit d’un affrontement direct et régulé entre deux États par le droit de la guerre.
B. Le modèle clausewitzien de la guerre
Cette conception correspond au modèle de la guerre théorisé par Clausewitz, selon qui la guerre est « la continuation de la politique par d'autres moyens ». Elle est alors perçue comme un outil rationnel au service des États. Ainsi, les civils sont tenus à l’écart des affrontements, qui sont uniquement professionnels (militaires de carrière).
C. Les traités de paix : la diplomatie classique
Les traités de paix sont négociés lors de congrès. Un exemple bien connu est le congrès de Vienne en 1815 après les guerres napoléoniennes. Les traités sont le mode de résolution privilégié de résolution des conflits. Ils établissent la paix et fixent ses conditions ainsi que les nouvelles frontières.
II. 1945 – 1990 - Le XXe siècle et l’affirmation de la sécurité collective
A. La naissance de la notion de sécurité collective
L’ampleur de la violence de la Première Guerre mondiale a montré les limites de ce système. Le Traité de Versailles (1919) crée la Société des Nations afin d’organiser une communauté internationale, pour que la guerre ne soit plus une confrontation directe et isolée entre deux États. Faute de contraintes militaires et économiques suffisantes, et à cause d’un engagement des États lacunaire, ce système fut cependant un échec.
B. La création de l’ONU
Ces ambitions furent ravivées par la création de l’ONU, nouvel acteur multilatéral, en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Charte des Nations Unies réaffirme le principe de sécurité collective pour prévenir les conflits en donnant au Conseil de sécurité la possibilité d’avoir recours à des sanctions contre les États agresseurs.
C. De nouvelles formes de conflits
Avec la Guerre froide émergent des blocs organisés autour d’alliances militaires : l’OTAN pour le bloc occidental et le Pacte de Varsovie pour le bloc soviétique. La dissuasion nucléaire modifie les modes de résolution : l’affrontement direct entre grandes puissances est évité, et de nouvelles formes de conflits apparaissent (course à l’armement, guerres par procuration, espionnage, propagande, etc.).
III. Depuis 1990 : diversification des acteurs et complexification des modes de résolution
A. Diversification des conflits
La guerre n’implique plus aujourd’hui que les États, mais prend une multitude de formes, entre terrorisme, guerres civiles et coups d’État. Des organisations comme Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001, puis Daech, qui proclame un « État islamique » en 2014, illustrent bien l’importance prise par ces nouvelles formes de conflits.
B. Diversification des acteurs
Parallèlement émergent de nouveaux acteurs, tels que les ONG humanitaires (La Croix-Rouge, par exemple), les groupes armés non étatiques (milices, guérillas, etc.) ou encore les instances judiciaires internationales.
C. Diversification des modes de résolution
La multiplication des formes de conflits et d’acteurs implique un élargissement des modes de résolution : ingérence humanitaire, opérations de maintien de la paix élargies, médiation, justice transitionnelle. Cela génère parfois des tensions entre la souveraineté étatique (principe de non-ingérence) et la protection des droits humains qui seraient bafoués dans un État-tiers (exemple d’actualité : Gaza).
- HGGSP - Ukraine et OTAN - Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
- HGGSP - La situation au Haut-Karabakh dans le cadre Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
Étude critique de documents - Espace et océans, outils de la puissance des États
Éléments d’introduction
Présentation des documents
- Document 1 : Affiche américaine (« Une » du magazine états-unien Time) datant de 1968 illustrant la conquête spatiale (« race for the moon » = course pour la lune) entre les États-Unis et l’URSS
- Document 2 : Déclaration de Florence Parly, ministre des Armées, le 5 mars 2019 sur le départ du groupe aéronaval
Contextualisation
Depuis la Guerre froide jusqu'aux rivalités contemporaines, ces deux espaces sont devenus des terrains majeurs d'affirmation des puissances.
Problématique
Dans quelle mesure l’espace et les océans constituent-ils des terrains d'affirmation de la puissance des États ?
I. L'espace et les océans, vitrines de l'influence des États : le soft power
A. Des outils de rayonnement national
La conquête spatiale s’affirme comme un symbole de puissance lors de la guerre froide, comme l’illustre la couverture du Time du 6 décembre 1968 (document 1). On y voit au premier plan un astronaute américain, et au second plan, comme s’il était en retard, un astronaute russe (étoile rouge sur son bras). Cela montre la rivalité entre les deux superpuissances, mais surtout l’utilisation médiatique de l’espace par les États-Unis pour communiquer sur sa supériorité. Au niveau des océans, leur maîtrise est aussi un moyen d’affirmer son soft power : « c'est la France que vous ferez rayonner. C'est votre troisième mission » (document 2). Notons que la conquête des abysses est aussi un outil d’affirmation de la supériorité d’un État.
B. Des espaces de coopération internationale
L’espace et les océans sont aussi des lieux de coopération internationale (« c'est le fruit de moyens collectifs », document 2). Ils permettent de rassembler autour d’objectifs communs, notamment la lutte contre le terrorisme (« combat contre Daech », document 2). La coopération est aussi d’ordre scientifique : elle est incontournable dans la gestion des océans - ces derniers présentant des enjeux environnementaux majeurs – et de l’espace, notamment avec la Station spatiale internationale.
II. Les enjeux stratégiques de l’espace et des océans : le hard power
A. Les enjeux militaires
La militarisation de l'espace avec des satellites-espions et une course aux armements, vise à le maîtriser pour exercer un contrôle et assurer la sécurité, tout comme le contrôle de points stratégiques sur les océans (« Protéger les Français (…) c'est votre première mission » (document 2)). Par exemple, l’opération Chammal du groupe aéronaval Charles de Gaulle vise à lutter contre Daech (document 2). Il permet également le contrôle des points de passage stratégiques (canal de Suez, détroit d'Ormuz, océan Indien) traversés par le porte-avions français.
B. Des enjeux économiques
La conquête des océans permet également, par le biais notamment des zones économiques exclusives (ZEE), l'accès à des ressources halieutiques, énergétiques et minérales. L’exploitation exclusive de ces ZEE passe par une appropriation juridique permise par la Convention de Montego Bay (1982).