Ce mercredi 17 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve de spécialité de SES. Voici une correction du sujet d'épreuve composée proposée en exclusivité par MyStudies !
![Bac général Spécialité SES 2026 - Épreuve composée J2 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fchatgpt-image-17-juin-2026-a-16-37-09-1_2b3486e831.png&w=3840&q=75)
Première partie : mobilisation des connaissances - Les intérêts des tables de mobilité comme instrument de mesure de la mobilité sociale
Les tables de mobilité sont un outil sociologique qui permet de dresser des statistiques d’évolution professionnelle des personnes par rapport à leur carrière antérieure ou à celle de leurs parents. Elles sont particulièrement intéressantes pour deux raisons.
La première, c’est qu’elles peuvent permettre de dresser une anticipation du paysage socioprofessionnel futur en se basant sur l’actuel, ce qui à son tour permet d’avancer maintes anticipations sur la situation économique ou sociale future du pays, sur les adaptations à faire par les entreprises, etc.
La seconde est que cet outil permet également d’établir une stratégie de carrière pour l’individu, et d’envisager potentiellement des reconversions professionnelles, des formations, des VAE… Cela peut également ôter la croyance parfois existante d’être coincé « à vie » dans une catégorie pour la seule raison d’appartenance à la catégorie en question.
Deuxième partie : étude d’un document
Question 1 - À l'aide des données du document et d’un calcul simple, vous caractériserez l’évolution du type de difficulté « pénurie de candidats » entre 2015 et 2025.
La difficulté du type « pénurie de candidats » a augmenté de 80,3 - 73,2 = 7,1% entre 2015 et 2025. On constate donc une augmentation relative de ce type de difficulté. Cependant, nous remarquons qu’il a été, par exemple, plus élevé entre 2022 et 2024 qu’en 2025, ou encore à un niveau quasi-équivalent à celui de 2025 en 2017. Il s’agit donc d’une évolution qui n’a pas été linéaire au cours des 10 dernières années, contrairement à certains autres types.
Question 2 - À l’aide du document et de vos connaissances, vous présenterez deux sources différentes de chômage structurel.
Le document présente l’évolution des raisons des difficultés de recrutement rencontrées par les entreprises entre 2015, qui était alors une période d’un chômage massif non structurel, car dû aux mesures étatiques désincitatives à l’embauche qui avaient alors été mises en place, et 2025. Pour les évolutions significatives, nous pouvons relever une baisse des difficultés liées aux conditions du poste et à l’organisation interne, ainsi qu’une hausse de celles dues à une image de marque défaillante. Et pour les raisons les plus fréquentes persistantes, nous relevons le profil inadéquat des candidats et la pénurie de candidats, deux notions extrêmement proches par ailleurs.
Nous en déduisons qu’aujourd’hui, le chômage structurel, donc de long terme, au niveau du recrutement, est premièrement dû au non-matching entre candidats et entreprises : beaucoup de candidats n’inspirent pas confiance aux entreprises, et de plus en plus d’entreprises n’inspirent à leur tour pas confiance aux candidats.
La deuxième source du chômage structurel émane des politiques étatiques désincitatives à la création d’emplois : l’installation d’entrepreneurs, l’entrepreneuriat en France et la création d’emplois sont en effet coûteux et risqués, et cela s’explique de plusieurs manières (licenciements coûteux et difficiles, coût du travail élevé, fiscalité lourde, normes de RSE extrêmement sévères…). Ces difficultés rendent ainsi la France moins rentable pour les entreprises que beaucoup d’autres pays, ce qui engendre alors fermetures d’entreprises, suppressions d’emplois, délocalisations et non-installation des employeurs en France. Certaines mesures ont certes été prises au cours de la dernière décennie pour atténuer ces problèmes, ce qui a fait baisser le taux de chômage global, mais elles n’ont pas été assez déterminantes pour pallier le chômage structurel.
Troisième partie : raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire - Le revenu et le diplôme ne sont pas les seuls facteurs qui structurent et hiérarchisent l’espace social
Comme nous le savons, le diplôme est souvent associé à un haut revenu, qui est à son tour associé à un diplôme élevé. Pourtant, dans les faits, la hiérarchisation de l’espace social ne repose pas uniquement là-dessus.
Ceci repose principalement sur le concept du foyer. En nous appuyant sur le document 3, nous voyons que les couples, et encore plus ceux avec enfant, sont le plus souvent propriétaires. Il s’agit donc de ménages dont les conjoints appartiennent à une même « niche » de l’espace social. Alors qu’il est assez récurrent, par exemple, bien que moins qu’il y a encore quelques décennies, que l’épouse exerce qu’à temps partiel ou qu’elle soit femme au foyer ; dans quel cas elle est souvent moins diplômée et avec des revenus personnels moindres. Ceci est davantage illustré par le document 1 et l’écart de revenus moyens perçus entre hommes et femmes.
D’autres facteurs entrent également en jeu. Comme le rappelle le document 2, c’est non seulement le niveau du diplôme qui détermine le revenu, mais également la filière ; indépendamment du pays. Comme dans beaucoup de pays, en France, la valeur réelle du revenu n’est pas la même en fonction de la zone. Par exemple le pouvoir d’achat d’un résident de la capitale peut être moindre que celui d’un résident d’une zone excentrée avec des revenus pourtant moins élevés.
Ainsi, nous en déduisons que le revenu et le diplôme sont loin d’être les seuls facteurs déterminant la hiérarchisation de l’espace social.