Une locution est un groupe de mots figé dont le sens ne peut pas être entendu en détaillant chaque mot. Elle fonctionne comme un bloc et exprime une idée bien précise. Vous vous posez la question de savoir comment bien orthographier certaines locutions courantes ? L'impression que l'on fait par écrit, notamment dans le milieu professionnel, est en effet primordial. Notre but sera ici de vous guider dans un bon usage de ces locutions !

« De toute façon » ou « de toutes façons »
Vous hésitez souvent entre le singulier et le pluriel ? Sachez que vous n’êtes pas le seul. La première réponse que l’on peut donner est que c’est normalement le singulier qui doit être employé et c’est ce que réclame notamment l’Académie française.
Par exemple : je n’étais pas disponible pour ce concert, de toute façon, je n’avais pas vraiment envie d’y aller.
Cependant, on peut également utiliser le pluriel, mais si son usage semble moins conventionnel. Il ne sera pas fautif pour autant.
« De part et d’autre » ou « de parts et d’autres »
Ici, la situation est bien différente. En effet, la seule tournure correcte est le singulier. Elle signifie « de chaque côté » et s’utilise pour évoquer une certaine symétrie.
Par exemple : de part et d’autre de la frontière, vous trouverez des supporters de football.
Utiliser le pluriel est une erreur fréquente, mais la seule version correcte est l’utilisation du singulier.
« En train » ou « entrain »
Ici, nous sommes dans une situation encore différente avec deux locutions qui existent, mais qui n’ont pas le même sens.
Dans la version avec deux mots « en train » renvoie à une action en cours.
Exemple : vous êtes en train de lire cet article.
« Entrain » en un seul mot est un nom qui signifie « dynamisme, vivacité, enthousiasme ».
Exemple : s’entraîner au tennis avec un certain entrain.
Attention donc à ne pas écrire : « il est entrain de courir », ce qui serait fautif. Connaître leurs usages est important car ces deux formes sont très courantes.
« D’ores et déjà » ou « Dores et déjà » ?
Pas besoin de tergiverser ici. En effet, la locution correcte est bien « d’ores et déjà ». Elle a pour signification « dès à présent », « dès maintenant ». Cependant la formule « dores et déjà » est une faute courante dans la mesure où certains Français peuvent souvent hésiter en ce qui concerne l’usage de l’apostrophe.
C’est une locution assez courante dans la vie quotidienne et la vie professionnelle. C’est pourquoi il est primordial de bien l’orthographier au risque de laisser une mauvaise impression à son supérieur hiérarchique, par exemple. Cette locution figée est très pratique parce qu’elle permet de situer une action précisément dans le temps. Elle renvoie à l’ici et maintenant, ce que l’on appelait en latin l’ "hic et nunc". Elle est donc très utile dans un langage qui a pour vocation d’être pragmatique, ce qui est très courant dans la vie professionnelle.
« Tant pis » ou « tampis » ?
Encore une fois, la seule orthographe correcte est « tant pis », en deux mots. Écrire cette locution en un mot comme indiqué plus haut reviendrait à commettre une grave faute de français.
Exemples :
Tu ne peux pas venir à l’entraînement de football ce soir ? Tant pis.
Tu avais prévu de venir au restaurant, mais tu ne peux pas. Tant pis.
Cette locution doit être donc utilisée comme telle sans effecteur de modifications. Ce n’est pas une locution qui s’accorde de quelque manière que ce soit. L’avantage de cette formule figée est que vous pouvez l’utiliser autant que vous le voulez : ce n'est pas une formule particulièrement soutenue.
« À l’attention de » ou « à l’intention de » ?
Ces deux locutions existent cette fois, mais elles n’ont absolument pas le même sens et on ne peut pas les intervertir sans en changer le sens.
« À l’attention de » est, par exemple, utilisée dans la correspondance, lorsque vous envoyez une lettre ou éventuellement un mail à quelqu’un. Cette formule a souvent un sens un peu sérieux ou en tout cas solennel. Ce n’est donc pas une formule que l’on va employer si on s’adresse à un ami proche, par exemple, mais bien plutôt à un client, par exemple.
Cette locution renvoie au destinataire principal d’une lettre, d’un message.
Exemple : lettre à l’attention de Madame Durand, responsable des Ressources humaines.
« À l’intention de » signifie « destiné à quelqu’un » avec un sens plus large que la correspondance.
Exemple : Cet avertissement est à l’intention de tous les élèves.
Écrire « à l’intention de » au début d’un courrier est une erreur fréquente. Il ne faut pas écrire, par exemple « Lettre à l’intention de Madame Durant, responsable des ressources humaines ».
« Pour ce faire » ou « pour se faire » ?
Ces deux expressions existent bel et bien, mais leur sens est complètement différent.
« Pour ce faire » veut dire « afin de faire cela ».
« Pour se faire » peut s’utiliser, par exemple, dans la formule « pour se faire entendre ».
Pour savoir laquelle utiliser, demandez si vous pouvez la remplacer par "pour faire cela" : si oui, écrivez « pour ce faire », si non, « pour se faire ».
« Au fur et à mesure » ou « Au fure et à mesure » ?
Le mot « fur » est un ancien mot qui ne s’emploie plus guère que dans cette expression. Faites attention à bien l’orthographier. C’est certes une locution très courante, mais il est très facile de ne pas bien l’écrire.
Exemple : Nous progressons au fur et à mesure dans l’apprentissage du piano
« De fil en aiguille » ou « De fils en aiguilles » ?
Cette expression donne l’idée d’une certaine progressivité. Cette locution sert à décrire quelque chose qui s’est passé sans que l’on s’en rende compte souvent. Cette expression est toujours au singulier.
Exemple : de fil en aiguille, il m’a entraîné dans son manège.
« Nécessité fait loi » ou « Nécessiter fait loi » ?
Cette locution exprime l’idée que, lorsque quelque chose est vraiment nécessaire, on ne se pose pas forcément la question de savoir si on peut le faire ou non. Si, par exemple, s'il est question de vie ou de mort. On parle donc d'une nécessité, et non du fait de nécessiter.
Exemple : j’ai bien dû choisir de partir du travail pour venir en aide à mon épouse en grande souffrance. Nécessité fait loi