Le marché du cinéma était un marché prospère et dynamique avant la crise COVID, jusqu'en 2019 inclus. La crise sanitaire, les fermetures administratives, l'annulation des grands évènements et des grands festivals comme le festival de Cannes, les arrêts de tournage, les mises en place de pass sanitaires, tous ces éléments ont bousculé le secteur et l'ont entraîné dans une sorte de marasme dont il peine à sortir encore aujourd'hui.

Le marché du cinéma représentait environ 213 millions de billets d'entrée en France en 2019. En 2020, seulement 65 millions d'entrées ont été comptabilisées, du fait principalement des nombreux mois de confinement et de fermeture.
L'analyse
PESTEL du marché du cinéma vise à décrire l'ensemble des facteurs qui exercent
ou pourraient exercer (à plus ou moins long terme) un impact significatif sur
le marché du cinéma. Ces facteurs sont divers, et peuvent être par exemple
politiques, économiques, sociaux, technologiques, écologiques et légaux.
Les facteurs politiques
Les décisions politiques, et notamment celles qui entourent la crise sanitaire, sont parmi les facteurs les plus importants d'influence sur le marché du cinéma. Des fermetures administratives ont ainsi été décidées à plusieurs reprises, mettant l'ensemble du marché à l'arrêt. De même, les couvre-feux ont hypothéqué pendant de longs mois le chiffre d'affaires du secteur, empêchant toutes les séances de soirées et de nuit. Enfin, la mise en place des contraintes, des jauges, du port du masque, des limitations et des distanciations sociales, du pass sanitaire, viennent également pénaliser le chiffre d'affaires du cinéma et compliquer leurs opérations.
Par ailleurs, les grandes orientations politiques et notamment la place accordée à la culture, l'implication du ministre de la Culture, les décisions relatives aux subventions liées au cinéma et au secteur dans son ensemble, impactent également fortement le marché du cinéma français et international.
Enfin,
la facilité à voyager à l'international peut également rendre plus faciles ou
plus difficiles les tournages, et donc les productions de films.
Les facteurs économiques
La
santé économique des pays industrialisés, le revenu des ménages et sa
proportion disponible allouée aux loisirs, l'inflation, le contexte économique
général, influencent fortement le secteur du cinéma. En effet, les dépenses de
cinéma sont considérées comme non essentielles par la plupart des ménages et
elles peuvent ainsi faire l'objet d'une réduction dans le cas d'une baisse du
revenu, ou du revenu disponible. De plus, un contexte économique incertain peut
entraîner les ménages à épargner davantage pour faire face à d'éventuels futurs
coups durs, et donc à réduire leurs dépenses de loisirs.
Les facteurs sociaux
Les habitudes des ménages en matière de
consommation de cinéma sont cruciales pour le marché du cinéma dans son
ensemble. On assiste depuis plusieurs années à l'essor phénoménal des
plateformes de streaming et de films disponibles à la demande, en toute
flexibilité et sans contraintes. Les
consommateurs ont pris goût à ces consommations à la carte, et ont réduit
fortement leur fréquentation des cinémas, notamment depuis le premier
confinement du printemps 2021.
La répartition géographique des ménages
est également un critère clé. Dans les campagnes, il est moins facile d'accéder
à des cinémas, qui représentent un loisir moins « réflexe » que dans
les grandes villes.
Enfin, le cinéma est une sortie de
loisirs qui s'opère souvent en groupe, et la diminution des regroupements
sociaux de loisirs, notamment dans le cadre de la crise sanitaire, peut
impacter le marché du cinéma.
Dernière chose à mentionner, la prise de
conscience des aspects négatifs du monde du cinéma, des difficultés notamment
liées au respect des femmes et à différents abus sexuels, peut ternir l'image
du marché du cinéma et avoir un effet délétère indirect sur ce marché.
Les facteurs technologiques
L'essor des nouvelles technologies bouleverse
clairement le monde du cinéma. Le développement de la télévision 4K, l'essor
des tablettes numériques, l'explosion de l'équipement en smartphones et en
forfaits de data en quantité illimitée, sont autant de facteurs qui viennent
redistribuer les cartes sur ce marché global. Les consommateurs ne consomment
pas moins, mais ils consomment de façon complète différente d'il y a dix ans
par exemple. La consommation actuelle est beaucoup plus individuelle et beaucoup
plus flexible et à la carte. L'écart entre les technologies et les équipements
disponibles dans les salles de cinéma, et ceux disponibles à domicile, tend en
effet à se réduire drastiquement, ce qui vient bouleverser les équilibres sur
le marché.
Les facteurs écologiques
Les facteurs écologiques ont une
influence limitée sur le marché du cinéma. On peut penser par exemple à la
limitation des déplacements polluants, qui peut influencer certains choix de
tournage ou de casting. La consommation de contenu cinématographique est
reconnue comme étant la première source de trafic sur Internet, et donc de
pollution, notamment liée aux serveurs, etc. Cela sera sûrement débattu âprement
dans les années à venir avec les industriels du secteur.
Les facteurs légaux
Les règles relatives à la concurrence, par exemple, impactent fortement le secteur. C'est le cas par exemple des régulations pour les plateformes de diffusion de contenu comme Netflix ou Disney+, parmi d'autres.
L'encadrement des diffusions de contenu,
la lutte contre le piratage des contenus cinématographiques, sont d'autres
facteurs susceptibles d'influencer significativement le marché.
Le marché du cinéma était un marché dynamique et prospère depuis de nombreuses années, avant la crise COVID. Depuis, il peine à retrouver un niveau normal d'activité, et à renouer avec la rentabilité. Pour ce faire, il y a fort à parier que le marché devra opérer une profonde refonte, notamment du fait de l'importance nouvelle des plateformes de diffusion de contenu à la demande. Malgré tout, le marché semble enregistrer les prémisses d'une reprise économique, et cette tendance pourrait se poursuivre au cours de l'année 2022.