Ce lundi 15 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve de philosophie. Voici un plan détaillé du premier sujet de dissertation, portant sur la parole, proposé en exclusivité par MyStudies !
![Avons-nous la maîtrise de nos paroles ? - Bac général Philosophie 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fbanniere-philosophie-paroles-640x480_ff44b8112e.jpg&w=3840&q=75)
Sujet 1 - Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?
Éléments d’introduction
Définition des termes du sujet
- Maîtrise : capacité à choisir et contrôler
- Paroles : mots prononcés pour exprimer ce que l’on pense et communiquer avec autrui
Contexte
Quand nous parlons, nous choisissons les mots que nous prononçons. Pourtant, une parole peut être regrettée, mal comprise ou avoir des effets inattendus.
Problématique
Dans quelle mesure sommes-nous réellement maîtres du sens et de la portée de nos paroles ?
I. Notre conscience, maître de nos paroles
A. La parole comme outil pour exprimer nos pensées
Argument : Les mots sont un moyen d’exprimer ce que nous voulons transmettre.
Référence : Descartes (Discours de la méthode) considère que le langage permet aux hommes d'exprimer leurs pensées et de communiquer des idées.
B. Choisir les mots pour s’exprimer avec exactitude
Argument : Nous pouvons réfléchir avant de parler, nous corriger, nous taire ou reformuler nos propos. Dans certaines situations, la parole est même préparée : discours, exposé, débat, texte appris ou écrit à l’avance.
Référence : Nous pouvons citer Montaigne (« Que sais-je ? ») qui valorise la prudence intellectuelle et la conscience de ses limites.
C. La connaissance des techniques de communication
Argument : la maîtrise du vocabulaire, du ton et de l’argumentation permet de mieux faire passer le message voulu par nos paroles.
Référence : Boileau (L'Art poétique) insiste sur la nécessité d'employer les mots les plus précis possibles afin d'exprimer fidèlement sa pensée.
II. Une maitrise limitée de nos paroles
A. Des nuances entre les mots et nos pensées
Argument : Les mots sont parfois inexacts ou ne suffisent pas pour exprimer au mieux nos pensées. La structure du langage limite ainsi notre capacité à exprimer pleinement notre pensée.
Référence : Bergson (Essai sur les données immédiates de la conscience) explique que nos pensées sont trop riches et nuancées face aux mots qui seraient alors des catégories générales et simplificatrices.
B. L’inconscient sort du cadre de la maîtrise consciente de nos paroles
Argument : L’inconscient peut intervenir dans la parole.
Référence : Freud utilise l'exemple du lapsus pour montrer que nous ne maîtrisons pas toujours totalement nos paroles.
C. L’impact des normes sociales sur la portée de nos paroles
Argument : Le sens des mots est déterminé par l’usage collectif : nous ne le maîtrisons pas.
Exemple : Certains mots peuvent être perçus différemment selon les cultures.
III. Maîtriser ses paroles, une question d’éthique
A. Une interprétation des paroles parfois inexacte
Argument : Le destinataire interprète les paroles parfois différemment de leur sens souhaité. Il faut alors distinguer l’intention de celui qui parle et les effets réels de ses paroles.
Référence : Ricœur (Du texte à l'action) montre qu'un discours ne se réduit pas à l'intention de son auteur : il est toujours soumis à plusieurs interprétations.
B. La morale et la prise en compte de l’interlocuteur dans le choix de ses mots
Argument : Être responsable de ses paroles implique de choisir des mots qui n’iront pas à l’encontre de la sensibilité de celui ou ceux qui les recevront.
Référence : Pour Kant, la liberté de parole ne dispense pas de la responsabilité morale.
C. La raison et la maîtrise des paroles impulsives
Argument : La raison doit nous permettre de retenir des paroles que nous regretterions : elle permet de peser nos mots pour éviter les excès.
Référence : Descartes (Les Passions de l'âme) soutient que la volonté et la raison permettent de maîtriser les passions.