Ce lundi 15 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve de philosophie. Voici un plan détaillé du second sujet de dissertation, portant sur le bonheur, proposé en exclusivité par MyStudies !
![Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ? - Bac général Philosophie 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fbanniere-philosophie-bonheur-640x480_ff83282519.jpg&w=3840&q=75)
Sujet - Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?
Éléments d’introduction
Définition des termes du sujet
- Heureux : renvoie à la notion de bonheur, c’est-à-dire à un état de satisfaction, de bien-être
- Les autres : les personnes qui nous entourent, à un horizon plus ou moins lointain, c’est-à-dire nos proches, mais aussi nos voisins, voire tout individu sur Terre.
Contexte
Certaines personnes sont heureuses tandis que d’autres ne le sont pas. Pourtant, la morale semble opposer le bonheur individuel au malheur d’autrui.
Problématique
Le bonheur peut-il être conçu comme une expérience purement individuelle ou est-il intrinsèquement lié à la condition collective ?
I. Le bonheur comme quête individuelle
A. La liberté de choisir d’être heureux
Argument : Nous seuls pouvons véritablement agir sur notre bonheur. Nous ne choisissons pas toutes les circonstances de notre vie, mais nous décidons souvent de nos fréquentations, de notre travail, de notre lieu de vie, etc.
Référence : Nous pouvons citer Sartre « L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. » : cela signifie que l'homme est responsable de ce qu'il devient.
B. La volonté d’atteindre le bonheur
Argument : La recherche du bonheur est un choix.
Référence : Aristote (Éthique à Nicomaque) considère que le bonheur n'est pas un état qui arrive par hasard, mais le résultat d'une manière de vivre.
C. Le bonheur, un état subjectif
Argument : Le bonheur est une expérience personnelle. Ainsi, deux individus placés dans la même situation ne ressentiront pas nécessairement la même chose.
Référence : Pascal (Pensées) pense que tous les hommes recherchent le bonheur, mais pas de la même manière : certains cherchent la richesse, la gloire, le pouvoir, et d’autres l’amour, le divertissement, etc.
II. La conscience du malheur d'autrui, un obstacle à la réalisation de son propre bonheur
A. Le bonheur partagé, plus fort que le bonheur individuel
Argument : L’Homme est un être social : le véritable bonheur est celui qu’on partage avec les êtres auxquels on tient.
Exemple : On dit qu’un bon repas n’a pas le même goût seul que partagé avec ceux qu’on aime.
B. La nécessité de la reconnaissance par autrui
Argument : Être entouré de personnes malheureuses impact nos relations sociales et l’accès à la reconnaissance par nos pairs : notre équilibre affectif et notre estime de soi s’en trouvent affectés.
Référence : Hegel (Phénoménologie de l'esprit) explique que la conscience de soi ne se construit pas seule, mais qu’elle a besoin d'être reconnue par une autre conscience.
C. L’éthique dans l’acceptation du bonheur
Argument : Avoir conscience du malheur des autres engendre un sentiment de culpabilité face à l’injustice.
Référence : Rousseau (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes) affirme que l'être humain est naturellement doté de pitié, et donc à être affecté par la souffrance d'autrui.
III. L'indifférence au malheur d'autrui : condition nécessaire pour préserver sa propre sérénité ou conception erronée de la nature humaine ?
A. Une indifférence nécessaire à l’atteinte du bonheur individuel
Argument : Il parait impossible que chaque individu sur Terre soit heureux : si nous ne devions pas être heureux dans le cas où quelqu’un d’autre ne l’est pas, l’atteindre serait une utopie.
Référence : Pour Épicure, le bonheur consiste dans l'ataraxie, désignant un absence de troubles de l'âme. S'exposer constamment aux souffrances de tous risquerait de perturber cette tranquillité intérieure.
B. Différents degrés d’indifférence
Argument : Nous ne percevons pas avec la même intensité chaque malheur. Celui touchant un être cher nous touchera également, mais la distance protégera notre bonheur si ce même malheur touche un étranger.
Référence : Selon Hume, la sympathie décroît avec la distance.
C. Notre sensibilité, témoin de notre humanité
Argument : Être totalement indifférent au malheur d’autrui reviendrait à se couper de notre humanité. Nous pouvons rester lucides : savoir que d’autres souffrent n’interdit pas toute joie, mais oblige à ne pas transformer cette joie en égoïsme.
Référence : Pour Levinas (Totalité et infini), le visage d'autrui nous oblige moralement et fait naître en nous une responsabilité.