Ce lundi 15 juin, les candidats du baccalauréat technologique ont dû se pencher sur l'épreuve de philosophie. Voici un plan détaillé du second sujet de dissertation, portant sur la technique, proposé en exclusivité par MyStudies !
![La technique peut-elle être mauvaise ? - Bac technologique Philosophie 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fbanniere-philosophie-technique-640x480_fcf5d329fe.jpg&w=3840&q=75)
Sujet 2 : La technique peut-elle être mauvaise ?
Éléments d'introduction
Définition des termes du sujet
- Technique : l'ensemble des moyens, outils, machines et savoir-faire inventés par l'homme dans le but de transformer la nature et de satisfaire ses besoins.
- Adjectif « mauvaise » : qualifie ici ce qui porte préjudice à l'homme, à la nature, à la liberté ou à la dignité humaine.
Contexte
L'enjeu réside dans la dualité de la technique : si elle est indéniablement source de progrès, elle recèle également de potentiels dangers.
Problématique
La technique est-elle mauvaise en elle-même ou seulement par l'usage que l'homme en fait ?
I. La technique comme outil neutre au service de l'homme
A. Un instrument est dépourvu de volonté propre
Argument : Un instrument, qu'il s'agisse d'une machine ou d'un savoir-faire, n'agit pas par lui-même : il est un moyen passif en attente d'une application.
Référence : Dans Du mode d'existence des objets techniques, Simondon critique l'idée que les machines seraient des êtres autonomes.
B. La technique est indispensable à l’Homme
Argument : La technique naît des besoins humains (se nourrir, se soigner, se déplacer, se protéger) et le distingue de l’animal
Référence : Dans L'Évolution créatrice (1907), Bergson définit l'homme comme un « Homo faber » (« homme fabricant »).
C. La technique, un moyen de progression pour l’homme
Argument : Elle permet à l’homme de mieux maîtriser la nature, d’améliorer ses conditions de vie, de se libérer de certaines contraintes.
Exemple : Le travail devient moins pénible, la médecine plus efficace, etc.
II. Une technique dangereuse pour l’homme
A. La technique et la destruction physique
Argument : Certaines applications techniques sont directement orientées vers la destruction ou la dégradation.
Exemples : l’arme atomique, aussi destructrice pour l’Homme que pour l’environnement
B. Une aliénation de l’Homme
Argument : La technique peut rendre l’homme dépendant : perte d’autonomie, oubli de certains savoir-faire, soumission aux machines.
Référence : Dans le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, Rousseau explique que le progrès des techniques et du confort crée sans cesse de nouveaux besoins.
C. Une déshumanisation de notre quotidien
Argument : L'introduction massive de machines dans les sphères de l'activité humaine, notamment professionnelle, peut entraîner une déshumanisation de l'expérience quotidienne.
Exemple : Charlie Chaplin dans Les Temps modernes (1936), montre comment l’industrialisation rend le travail répétitif et déshumanisant.
III. Une valeur morale qui dépend de son usage humain
A. Des usages induits par la volonté humaine
Argument : La technique n'est pas dotée d'une intentionnalité qui la rendrait intrinsèquement bonne ou mauvaise. La technique est un moyen : elle ne décide pas seule de ses buts.
Référence : Aristote distingue les moyens et les fins. Un outil n'agit pas pour lui-même ; il est ordonné à une fin qui lui est extérieure et qui est fixée par l'homme.
B. Un encadrement de la technique
Argument : L’homme doit encadrer la technique par l’éthique, la loi, l’éducation et le débat collectif.
Référence : Selon Hans Jonas, l'homme doit encadrer le développement technique par une réflexion éthique et politique.
C. Une force aliénante qui échappe à notre maîtrise
Argument : Le véritable enjeu est de maîtriser la technique au lieu de la subir, afin qu’elle reste au service de l’humanité.
Référence : Pour Heidegger (La Question de la technique), le danger vient davantage de la possibilité que la technique en vienne à déterminer notre manière de penser et de voir le monde plutôt que de la machine en elle-même.