Ce vendredi 26 juin, les candidats au brevet des collèges (série générale) ont dû se pencher sur l'épreuve de français. Le sujet de cette année portait sur la guerre, ou plus généralement sur les oeuvres à caractère historique. Voici une copie corrigée proposée en exclusivité par MyStudies !
![Brevet des collèges (série générale) Français 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fchatgpt-image-26-juin-2026-a-15-21-16_e7f9a6da64.png&w=640&q=75)
Dictée
Voici le texte, extrait de L’Homme foudroyés de Blaise Cendrars, qui a fait l’objet de la dictée du brevet de français 2026. Les mots soulignés étaient inscrits au tableau.
« La peur de mourir. Jamais je n’ai vu quelqu’un avoir aussi peur de ça que Faval. Il en devenait extravagant et tout le monde se moquait de lui et le faisait marcher. Mais lui, comprenant très bien que les camarades lui jouaient des mauvais tours ou lui montaient des bateaux pour lui faire peur, ne se mettait jamais en colère et continuait à avoir peur, une peur bleue. C’était un être très simple, voire fruste. Il avait les jambes courtes et trapues, un torse démesuré et puissant, des bras formidables, une petite tête, pas de front, une tignasse de violoniste et des yeux souriant avec une candeur enfantine. C’était un être d’une force musculaire prodigieuse, sans aucune méchanceté et qui croyait tout ce qu’on lui disait. »
Grammaire et compréhension
I. Compréhension et compétences d’interprétation
1. Donnez un titre à chacune des quatre parties du texte :
— lignes 1 à 17 : la peur face à l’invisible
— lignes 18 à 32 : l’illusion de la proximité du danger
— lignes 33 à 36 : Retour à la réalité : le danger guète
— ligne 37 : le champ de bataille : un calme entrecoupé d’attaques
2. Quel sentiment ou quelle émotion éprouve le narrateur dans cette première partie du texte ?
Le narrateur éprouve de la peur. On retrouve en effet le champ lexical de la peur (par exemple, « J’aurais crié de frayeur » (l5)) et ses symptômes (par exemple, « Je sentais mon cœur battre. » (l8)).
3. Comment le narrateur rend-il compte de son inquiétude ?
L’inquiétude fait que le narrateur a tous ses sens en alerte, pourtant, ils ne perçoivent pas la source du danger : on ne voit avec la répétition de « rien » à 5 reprises dans cet extrait.
L’utilisation des points de suspension à 4 reprises suspend le temps, témoignant de la tension du moment, de son attente.
4. Que fait le narrateur pour se rassurer ?
Pour se rassurer, le narrateur se convainc qu’il a les moyens pour faire face à ce danger : « je les attends, prêt à tirer » (l24).
Il rompt la solitude en se parlant à lui-même : on retrouve ainsi du discours rapporté direct (« ⎯ Pauvre Blaise, me dis-je » (l32)). Cette réplique montre que le narrateur se détend un peu.
5. Comment le narrateur, tout au long du texte, parvient-il à entretenir le doute sur la présence d’un ennemi ?
L’incertitude est formulée dès la ligne 3 sous la forme d’une question rhétorique : « Étais-je victime d’une illusion des sens ? ».
L’incertitude de la présence ou de l’absence des soldats se matérialise par l’utilisation répétée de négations aux lignes 5 et 6 : « Je ne voyais rien, je n’entendais rien, je ne percevais rien ». Cette anaphore insiste sur l’impression de vide.
Le narrateur alterne les termes renvoyant à la certitude avec ceux du doute : « J’avais l’impression (…) j’étais sûr » (l1-3). Après une description des pas en approche, qui nous laissait entendre que l’ennemi était bien présent, le narrateur associe finalement ces bruits à ceux de son arme. Nous pensons alors que tout n’était qu’illusion, mais il nous surprend encore en révélant concrètement la présence de l’ennemi avec des tirs et une course.
6. Dans quelle mesure ce photogramme du film Les Sentiers de la gloire peut-il illustrer le texte ?
Le contexte est le même : celui d’un champ de bataille. La position du soldat, couché au sol, rappelle celle du narrateur dans les fourrés. Il est en embuscade et attend l’arrivée de ses ennemis.
L’incertitude semble régner de la même manière dans le photogramme que sur le champ de bataille du narrateur. Le soldat regarde en direction de ce qui semble être un talus, lui obstruant la vue. Il est lui aussi soumis à l’incertitude, ne pouvant se fier à ses sens. L’expression de son visage montre sa concentration, à l’image de l’état de vigilance du narrateur. Le sentiment de peur que cela engendre transparait bien dans la mise en page du texte, avec un retour à la ligne à presque chaque phrase sur le début du texte. Les paragraphes entrecoupés pourraient symboliser la panique, le cœur battant, le souffle court.
II. Grammaire et compétences linguistiques
7. « Mais si… J’entends comme un bruit d’herbe froissée… On s’approche en rampant… » (l. 19-20)
Les 2 verbes conjugués sont « entends » et « approche ». Ils sont conjugués à l’impératif présent. Il s’agit d’un présent d’énonciation.
8. « Les autres peuvent venir, je les attends, prêt à tirer… » (l. 24)
« Les » est un pronom complément d'objets directs : il remplace « les autres » afin d’éviter une répétition.
9. « cet ennemi invisible » (l. 22)
Le préfixe « in- » indique la négation, et pourrait se traduire par « ce qui n’est pas ».
Le radical « vis » renvoie au fait de voir.
Le suffixe « -ible » indique la possibilité.
Invisible signifie alors ce qui ne peut pas être vu. Le mot « insaisissable » fait partie de la même famille.
10. Réécrivez le passage suivant en remplaçant « je » par « nous ».
« Nous les attendons, prêts à tirer… et c’est alors que concentrant toute notre attention sur nos index placés sur les gâchettes, c’est alors que nous nous rendons compte que nos mains tremblent nerveusement et que ce bruit d’herbe foulée, que nous prenions pour l’approche de deux ou trois Allemands rampant imperceptiblement vers nous, était causé par la pointe de nos baïonnettes » (lignes 24 à 28).
Rédaction
1/ Sujet d'imagination
Le caporal, après la frayeur qu’il avait eue, rentre au camp et raconte sa mésaventure aux soldats qu’il croise, se permettant quelques libertés dans son récit :
- Cette nuit, j’ai eu l’heureux hasard de tomber sur une troupe de soldats ennemis qui pensaient avoir une chance contre moi, m’ayant certainement confondu avec un bleu ! Face à leur arrogance, et encore plein d’énergie, j’ai voulu me jouer un peu d’eux. Alors je me suis caché dans les fourrés afin de les laisser s’approcher.
L’un des soldats l’interrompit :
- Ils étaient si nombreux ?
Au caporal d’en rajouter :
- Je n’ai pas pu les compter, mais je les entendais marcher, ou plutôt ramper. Ils étaient tout autour de moi.
Un autre soldat, pris de frissons en s’imaginant à la place du caporal, constata :
- Vous devez avoir eu bien peur !
Mais le caporal nia :
- Non, cette situation était vraiment excitante. J’attendais avec impatience le moment de dégainer ma baïonnette. Je me répétais à moi-même : « Plus que quelques secondes, plus que quelques secondes. ». Et puis, l’un d’eux, sûrement le meilleur de la troupe, m’aperçut enfin, mais j’esquivais son tir. Tous les soldats ennemis autour de moi se mirent à courir comme des lapins. J’ai alors tiré deux coups, puis il y en avait tellement que j’ai fini par lancer quelques grenades afin d’en toucher le plus possible et de nous faciliter le travail pour aujourd’hui.
2/ Sujet de réflexion
Découvrir une œuvre se déroulant à une autre époque peut être positif de plusieurs points de vue.
Cela permet de se projeter dans un univers inconnu. Le dépaysement permis par le décor et l’ambiance particulière invite au voyage. Il est ainsi possible de s’évader en lisant un livre ou en regardant un film. Par exemple, la série « Anne with an E », inspirée de l’histoire « Anne… la maison aux pignons verts », nous immerge à la fin du XIXe siècle et nous fait partager les aventures d’une jeune orpheline confrontée à la société de cette époque.
Il est aussi possible d’apprendre à travers une œuvre. Découvrir une époque, ses coutumes, les faits historiques, permet de mieux comprendre le passé. Les œuvres permettent de vulgariser des connaissances historiques et de les rendre plus intéressantes pour le grand public. Par exemple, le roman « Le tatoueur d'Auschwitz » retrace les atrocités ayant eu lieu sur le camp d’Auschwitz durant la Seconde Guerre mondiale, en prenant le point de vue d’un prisonnier tatoueur recruté par les nazis.
Les faits d’une époque lointaine peuvent aussi nous amener à nous questionner sur notre propre époque, que ce soit sur la politique, la société, la technologie, l’environnement, etc. Par exemple, le tableau « La Liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix est encore souvent étudié aujourd’hui et, bien qu’il représente les Trois Glorieuses de 1830, elle nous amène encore à nous interroger sur les questions de liberté, de démocratie et d’engagement citoyen.
Découvrir une œuvre se déroulant à une autre époque permet donc de s’évader, de mieux connaitre l’histoire et de porter un regard critique sur la société d’aujourd’hui.
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