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Bac général Français 2026 - Commentaire de texte [Corrigé]

News11 Juin 2026

Ce jeudi 11 juin, les candidats du baccalauréat général ont dû se pencher sur l'épreuve anticipée de français. Voici une correction du commentaire de l'extrait de l'Histoire de Madame de Montbrillant proposée en exclusivité par MyStudies !

Bac général Français 2026 - Commentaire de texte [Corrigé]

Cet extrait de l'Histoire de Madame de Montbrillant, publié en 1818, prend la forme d’une lettre argumentative adressée à un ami. Madame de Montbrillant emploie des procédés rhétoriques pour établir un "code" de l'amitié véritable, opposé aux relations superficielles et possessives. Cette correspondance est l’occasion d’offrir une réflexion sur les conditions d’une amitié durable. Ainsi, quels procédés rhétoriques Madame de Montbrillant utilise-t-elle dans sa lettre pour définir les règles de l'amitié et critiquer les comportements possessifs ? Nous verrons que Madame de Montbrillant expose tout d’abord une définition qui se veut à la fois personnelle et universelle de l’amitié afin de s’en servir pour critiquer l’amitié possessive. 

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I. Une parole à la fois personnelle et universelle : recherche d’une définition de l’amitié

L’auteure cherche immédiatement à poser les fondations universelles de l'amitié, tout en reconnaissant la subjectivité inhérente à sa définition.

A. Relativité de l’amitié : autant de critères que de personnes

Madame de Montbrillant rejette toute définition rigide de l'amitié en mettant en avant le fait que chaque individu est unique.

À cet effet, elle utilise une parole personnelle. Le format épistolaire se prête particulièrement à l’usage du pronom personnel « je », qui est par ailleurs le premier mot de cet extrait. Elle insiste ensuite avec l’utilisation de « je », « moi », « vous », « vos » : cette opposition des pronoms possessifs liés à Madame de Montbrillant puis à René souligne la diversité des points de vue.

À cela s’ajoute, dès le premier paragraphe, un ton vivant et amusant qui cherche à montrer l'absurdité de vouloir satisfaire tout le monde, permis notamment par l’hyperbole « me faire maudire de mes amis » et l’expression familière « envoyer au diable ».

B. Un « code » de l’amitié : affirmation de principes universels

Madame de Montbrillant définit positivement l’amitié par des valeurs universelles et une logique du raisonnable dans un « code » de l’amitié.

Son argumentation cherche l’adhésion par le biais de tournures cette fois-ci impersonnelles qui visent à généraliser le propos. Le présent de vérité générale (« chacun les fait ») et le pronom indéfini « chacun » viennent renforcer cette impression.

Cette généralisation a pour objectif d’introduire deux principes universels : « Il y a deux points généraux (…) : l'indulgence et la liberté ». Pour renforcer son argument, elle utilise un champ lexical de l’importance : « généraux, essentiels et indispensables dans l'amitié ».

C. Des principes universels liés à l’acceptation de l’autre

L'indulgence et la liberté impliquent pour Madame de Montbrillant le refus de vouloir changer ses amis : « mon désir ne le réformera pas », « il faut aimer ses amis ». Elle insiste sur cela avec le champ lexical de la réforme : « réformer », « qualité qui lui manque », « le rendre ». L'amitié ne doit pas être un moyen de corriger ou de dominer l'autre, mais être une forme d’amour inconditionnel, ce qu’elle souligne avec l’accumulation : « avec chaleur, avec délicatesse, avec réflexion, effusion de cœur ».

Afin d’illustrer cela, elle utilise une comparaison artistique valorisante : « comme les vrais amateurs aiment les tableaux ». Les amis doivent être aimés pour leurs qualités plutôt que jugés pour leurs défauts.

II. Une critique de l’amitié possessive

Après avoir posé les fondations universelles de l'amitié, Madame de Montbrillant dresse une critique de l’amitié possessive.

A. L’apparition de nuances

Le troisième paragraphe dénote par rapport au début du texte.

Si le premier paragraphe revêtait une dimension personnelle, le second a introduit une généralisation avec le pronom impersonnel « il », repris ici mais agrémenté d’une adresse au lecteur. Plusieurs apostrophes sont présents ainsi qu’un impératif (« laissez, laissez ») qui rend le texte plus énergique et vivant.

De plus, l’anaphore « si » en début de paragraphe montre que Madame de Montbrillant a anticipé plusieurs objections qui pourraient lui être exposées. L’accumulation (etc., etc.) est immédiatement interrompue par une interjection (« Eh ! ») et une rupture (« mais »), témoignant de l’assurance de Madame de Montbrillant.

B. Une condamnation de la méfiance et de la possessivité

Pour Madame de Montbrillant, le seul mal dans une amitié serait la méfiance.

Une série d'exemples concrets, sous la forme d’une énumération au discours rapporté, montrer l’absurdité des reproches parfois formulés : « il a préféré telle chose », « il aurait dû me faire tel sacrifice ». Elle a ainsi recours à un registre polémique.

Par ailleurs, Madame de Montbrillant amplifie les conséquences de la méfiance pour mieux la condamner. L’hyperbole « il n'est point de liens qui ne se brisent » donne une dimension dramatique.

C. Un dénigrement des relations superficielles

Pour finir, Madame de Montbrillant dresse une critique sévère des disputes amicales.

Elle emploie pour cela des termes péjoratifs (« commerce de misère », « sots petits amans vulgaires », « ergoterie ») dans une accumulation dévalorisante.

Elle oppose une amitié noble et vertueuse à des relations superficielles : les « petites querelles » contre les « délicieux épanchemens ». Cette opposition est renforcée par l’antithèse entre les « âmes honnêtes et fortes » et les « cœurs vides ».

Conclusion 

Dans cette lettre, Madame de Montbrillant développe une véritable leçon morale sur l'amitié. Elle refuse les exigences excessives et affirme que l'amitié repose sur la liberté, l'indulgence et la confiance. Grâce à des exemples concrets et un discours vivant, elle défend une vision des relations humaines inspirée des idéaux des Lumières, fondés sur la tolérance et le respect d'autrui.

Cette conception de l'amitié peut être rapprochée de celle de Montaigne dans les Essais, notamment dans le chapitre consacré à son amitié avec La Boétie, où l'acceptation totale de l'autre joue également un rôle essentiel.

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