L'oral du DQPRM est un test qui vient après la validation des épreuves écrites et qui vise à gagner l'adhésion d'un jury auquel vous devrez démontrer, en situation quasi clinique, une appétence pour le terrain et une capacité d'adaptation que ne mesure aucun QCM. Ce guide se veut un outil de préparation pour réussir votre oral.

Qu'est-ce que le jury attend vraiment de vous ?
Les étudiants pensent que l'oral du DQPRM est seulement une suite de l'écrit, mais c'est une erreur, car l'ambiance change complètement. Le jury ne regarde pas seulement vos notes, il se focalise sur votre capacité à réagir en direct. Il vous pose une question sans vous laisser le temps de préparer un brouillon et l'échange peut partir dans n'importe quel sens. C'est dans l’oral que vous devez montrer que vous maîtrisez votre sujet, même quand on vous bouscule un peu.
Le déroulement de l’entretien
Généralement, l’oral commence par une petite présentation de qui vous êtes et de ce qui vous amène ici. Ensuite, le jury va tester votre réactivité pour voir si vous savez bien utiliser ce que vous savez en situation réelle et si vous comprenez bien ce qui vous attend une fois le diplôme en poche.
Sur quoi on vous juge ?
Le regard du jury va porter sur votre esprit de synthèse, de la façon dont vous parlez, de la pertinence de votre projet et si vous savez ce que fait un physicien en radiothérapie ou en médecine nucléaire au quotidien. La Société Française de Physique Médicale indique que l'aspect humain et la responsabilité envers le patient sont essentiels. Le jury cherche avant tout un futur collègue fiable.
Comment vous préparer ?
La difficulté consiste à équilibrer vos connaissances techniques et la construction d’un discours personnel qui ne sonne pas comme une plaidoirie apprise.
Réviser l’essentiel sans tout réapprendre
À l'oral, on va plutôt tester votre curiosité sur des situations qui correspondent à la réalité ou à la réglementation.
- En termes de sécurité : la maîtrise du principe ALARA (justification, optimisation, limitation des doses) est très importante. Le jury appréciera que vous sachiez l’incarner dans un raisonnement.
- En termes de réglementation : déjà vous devez différencier L’ASN de l’ASN. La première est le « gendarme » qui contrôle et valide la sécurité des installations hospitalières. La seconde apporte l’expertise technique, l’évaluation scientifique des risques. Cela montre que vous appréhendez le système de contrôle.
- Sur l’actualité du métier : ce métier ne cesse d’évoluer. On parle de plus en plus d’IA ou de nouveaux traitements, comme la protonthérapie. Jetez un œil à ce qui se fait de nouveau pour montrer que vous suivez l'évolution de votre future profession.
Les attendus techniques du jury
Le jury attend que vous sachiez passer d'un champ à l'autre (rayons X, radionucléides) avec un lien avec la radiobiologie. C'est montrer que vous ne mesurez pas une dose pour elle-même, mais que vous en comprenez l'effet sur le patient.
La forme compte autant que le fond
La façon dont vous vous tenez peut influencer la façon dont les autres vous perçoivent. Vous devez projeter de la confiance et de l'assurance. Regardez tout le monde, pas seulement la personne qui vous interroge et parlez calmement.
Le physicien médical au cœur du système de soins
Le métier ne se résume pas à faire des calculs dans un bureau. Vous allez être au cœur d'une équipe qui soigne des gens, souvent dans des moments difficiles.
Travailler avec les autres
La capacité à collaborer avec les médecins radiothérapeutes, les manipulateurs en électroradiologie médicale, les personnels paramédicaux constitue un attendu du jury. Vous devez montrer que vous savez simplifier des concepts techniques pour vos collègues non-physiciens sans perdre en précision.
Rester curieux
Le jury aime les candidats qui s'intéressent aux évolutions, comme la théranostique ou l'IA.
Ce que les examinateurs peuvent vous demander
Pourquoi le médical ?
Montrez votre goût pour les sciences exactes et une sensibilité aux enjeux de la santé.
Que faites-vous si vous voyez une erreur de dose ?
Votre réponse se doit d’être claire. Par exemple : j’interromps immédiatement la procédure, je sécurise le patient, j’alerte l’équipe. L’analyse des causes vient dans un second temps, à froid, pour prévenir la récidive. Le jury teste ici votre sang-froid et votre capacité à prioriser la sécurité dans une chaîne d’actions.
C’est quoi pour vous un « bon » physicien ?
C'est quelqu'un de rigoureux (on n'a pas droit à l'erreur), mais aussi quelqu'un de calme qui sait s'adapter quand une machine tombe en panne ou qu'un planning change.
Quelle spécialité vous attire le plus entre la radiothérapie et l’imagerie ?
La question vous invite à une mise en perspective personnelle. Dites que vous êtes attirés par la radiothérapie pour sa dimension de suivi longitudinal des patients, ou bien, si votre curiosité penche vers l'imagerie, évoquez la diversité technologique, cette quête de finesse dans le diagnostic où chaque avancée affine le regard.
Comment gérez-vous le stress de l’hôpital ?
L’organisation personnelle, la rigueur dans le suivi des protocoles, mais aussi la conscience que vous ne travaillez pas isolément.
Foire aux questions
À quoi dois-je m’attendre concrètement le jour de l’épreuve ?
Après la présentation de votre parcours et vos stages, vous discuterez de votre futur métier. Le jury cherche simplement à voir si vous ferez un collègue de confiance sur le terrain.
Comment savoir ce que le jury attend vraiment de moi ?
Le jury regarde votre façon d'analyser les sujets, votre réactivité et votre écoute. Ne craignez rien. L’objectif est de découvrir vos qualités professionnelles !
Comment répondre aux questions qui cherchent à me déstabiliser ?
Le jury peut vous poser des questions inattendues pour tester votre calme face à l'imprévu. Prenez le temps de reformuler la question. Par exemple, si le jury vous pose cette question : « Que faites-vous si un médecin vous donne un ordre qui va contre la sécurité nucléaire ? ». Au lieu de paniquer, vous reformulez : « Si je comprends bien, vous m'interrogez sur ma capacité à maintenir les règles de sécurité face à une autorité médicale dans une situation d'urgence... ». Votre maîtrise de vous-même est votre meilleur atout.
Comment réviser sans fatigue ?
Faites un planning réaliste qui alterne le travail et les vrais repos. Prenez soin de votre corps avec du sport pour mieux dormir et chasser le stress. Suivez un planning simple : travaillez un peu, puis reposez-vous. Si vous gardez cet équilibre, vous ne serez pas fatigué et vous serez en pleine forme le jour de l'examen.
Conclusion
L’oral du DQPRM est avant tout une rencontre entre vous et vos futurs pairs. Si les connaissances fondamentales sont attendues, elles ne constituent que le socle. Ce qui fait la différence tient à une attitude : celle d’un professionnel qui a su faire le lien entre des savoirs académiques et une réalité. Restez précis et montrez simplement que vous avez hâte de rejoindre le terrain pour mettre vos compétences au service des patients.
Références
Autorité de Sûreté Nucléaire. (2024). Réglementation de la radioprotection en milieu médical : Rapport annuel 2023. Courbevoie : Autorité de Sûreté Nucléaire.
Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires. (2025). Concours de recrutement pour le DQPRM : Guide du candidat. France : CEA.
Société Française de Physique Médicale. (2024). Le métier de physicien médical en France : Missions et responsabilités. Paris : SFPM Éditions.