Pour vous préparer au baccalauréat de français, voici une fiche d'analyse linéaire de la fable « Le Loup et l'Agneau » de Jean de La Fontaine.

Introduction
Présentation de l’auteur
Jean de La Fontaine est un auteur du Dix-septième siècle, aussi appelé le « Grand siècle ». Il est avant tout connu pour ses Fables qui constituent son maître-ouvrage.
Présentation de l’œuvre
Les Fables de La Fontaine sont un ouvrage majeur de la littérature française. On y retrouve des animaux anthropomorphisés qui parlent et agissent comme s’il s’agissait d’êtres humains. Ses Fables sont des récits à la fois drôles et vivants qui se concluent souvent par une morale qui n’est cependant pas toujours complètement univoque.
Présentation du contexte d’écriture
L’auteur écrit cet ouvrage sous le règne de Louis XIV, le Roi-Soleil, une époque de pouvoir centralisé et de censure.
Place de la fable dans le recueil
Cette fable est la dixième fable Livre I. Elle arrive après plusieurs fables d’apprentissage et peut-être plus faciles d‘accès. La morale est plus violente et sans illusion.
Présentation de l’extrait
Dans « Le Loup et l’Agneau » de Jean de La Fontaine, un loup accuse injustement un agneau pour justifier sa violence. La fable montre que, face au pouvoir, la raison ne peut rien contre la loi du plus fort.
Problématique
Comment La Fontaine met-il en scène l’échec de la raison face à la violence du pouvoir dans une fable à la morale trompeusement évidente ?
Premier mouvement : la morale (vers 1 et 2)
Une morale placée au début
Dans ce premier mouvement, le fabuliste annonce la morale au début. C’est une particularité. La Fontaine fait preuve d’une certaine souplesse à ce sujet. Là où la morale serait plus logiquement à la fin, l’auteur peut très bien la placer au début.
Une vérité générale
On retrouve le présent de vérité générale ou présent gnomique : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Cela indique que c’est toujours valable, que ce soit pour l’époque de l’auteur ou à l’époque de nous, lecteurs.
Une annonce pessimiste
La Fontaine annonce une morale pessimiste et il explique ensuite qu’il va l’expliquer « tout à l’heure », il faut comprendre « aussitôt ».
Deuxième mouvement : situation initiale et rapport de forces déséquilibré (vers 3 à 7)
Une situation paisible
La situation initiale (vers 3 et 4 ) montre une atmosphère paisible : un agneau qui se désaltère. L’utilisation de l’imparfait montre une situation en train de se dérouler. Il y a une accumulation d’indices d’une situation sereine : « onde pure », « agneau ».
Une rupture brutale
À partir du vers 5, on remarque bien que la situation initiale est bouleversée. L’utilisation du passé simple marque l’introduction d’un événement qui va bouleverser les choses : « survint ».
Le loup et la violence naturelle
On remarque qu’il « cherchait aventure ». Là où l’agneau pense juste à se désaltérer tranquillement, le loup cherche autre chose. Cependant le fabuliste ajoute « et que la faim en ces lieux attirait ». C’est donc également un besoin physiologique qui le pousse vers l’agneau. La Fontaine démontre ici que ce ne sont peut-être que les lois de la nature qui s’expriment.
Une première agression verbale
On voit que le loup l’interpelle aussi brutalement : « qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? ».
Troisième mouvement : le procès injuste (vers 8 à 22)
Une menace autoritaire
Le loup utilise le futur simple de l’impératif comme pour montrer qu’il n’en sera pas autrement : « tu seras châtié de ta témérité ».,On remarque par ailleurs l’allitération en « t » qui mime une sorte de martèlement.
Une défense rationnelle de l’agneau
Cependant, l’agneau ne lui répond pas du tout sur le même ton. Dans une longue tirade, l’agneau explique avec force arguments qu’il n’est pas possible qu’il trouble son eau.
Une opposition de discours
Par contraste, le loup lui répond toujours avec la même brutalité. Et quand l’agneau explique que ce n’est pas possible qu’il ait déjà troublé son eau par le passé, le loup trouve un autre argument avec toujours la même férocité.
Quatrième mouvement : accusations impertinentes et exécution sommaire (vers 23 à la fin)
Une généralisation accusatoire
Le loup s’en prend alors à tous les agneaux, mais encore plus que cela : « vous, vos bergers et vos chiens ». L’allitération en « v » permet d’ailleurs de donner toute la force à cette réplique.
Une chute brutale
La fin est brutale : « au fond des forêts ». À nouveau, une allitération en « f » confère une grande musicalité à la fable, ce qui est très important chez La Fontaine. La Fontaine dénonce l’injustice au-delà de cette simple histoire, c’est évidemment toute la société de son temps qui est visée : « sans autre forme de procès ».
Conclusion
Bilan
Dans « Le Loup et l’Agneau », Jean de La Fontaine démontre que la raison est inopérante face à la violence. La fable montre ainsi que la loi du plus fort remplace toute forme de justice.
Ouverture
On retrouve cette critique des rapports de domination dans d’autres œuvres du XVIIe siècle, notamment chez Molière, où le pouvoir et l’injustice sont également dénoncés de manière satirique.
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