Le sujet de Culture générale et expression (BTS) portait cette année sur le thème "Les animaux et nous : imaginer, connaître, comprendre l'animal." Voici nos conseils et une copie corrigée proposée en exclusivité par MyStudies !
![BTS Culture générale et expression 2026 [Corrigé]](/_next/image?url=https%3A%2F%2Fncd1.msnocookie.com%2Fimage%2Fms%2Fmsimages%2Fblog_gallery%2Fbanniere-bts-culture-generale-expression-2026-corrige-640x480_40d10569ae.jpg&w=3840&q=75)
Pour rappel, les 3 documents mis à disposition dans le sujet étaient :
- Document 1 : Ivan Tourgueniev, Moumounia, 1856.
- Document 2 : Zhu Weilian, "Mao Haizi": ces chiens et chats choyés comme des enfants dans les grandes villes de Chine,GÉO magazine, 2025.
- Document 3 : Publicité américaine pour de la nourriture pour chien, 1956.
Première partie : questions
Question 1 - Document 1 : Étudiez les relations de Guérassime et Moumoû
La relation entre Guérassime (le maître, qui semble être muet) et Moumoû (une chienne sauvée par ce dernier) est comparée dès la première phrase à celle d’une mère avec son enfant. Guérassime s’occupe de Moumoû afin qu’elle s’épanouisse (« il se forma (...) grâce aux soins minutieux et constants de son sauveur » ligne 3), et en l’échange Moumoû a développé un fort attachement lié à la reconnaissance des bons soins effectués (« toute la force de la reconnaissance » ligne 5). Si la chienne est appréciée de tous, et qu’elle sympathise aussi avec d’autres humains, elle n’aime véritablement que son maître (« n’aimait que Guérassime » ligne 12) qu’elle suit partout et partage son quotidien. Ils sont décrits comme deux êtres inséparables, voire possessifs l’un envers l’autre, Guérassime étant parfois jaloux (« Était-ce de la crainte ou de la jalousie ? » ligne 14) et Moumoû gardant les lieux pour eux seuls (« ne permettait à personne d’approcher de sa mansarde » ligne 17).
Question 2 - Document 2 : Qu’est-ce qui, dans le texte, explique le phénomène de société des « mao haïzi » ?
À l’origine, les animaux n’étaient pas appréciés en Chine. Leurs maîtres étaient même moqués durant la Révolution culturelle de 1966-1976. Alors, qu’est-ce qui explique ce nouvel engouement ? Ce nouvel attachement pour les animaux de compagnie peut s’expliquer par la préférence des jeunes diplômés et avec un niveau de vie aisé d’élever un animal plutôt qu’un enfant. Ils souhaitent se distinguer de la génération de leurs parents marquée par la politique de l’enfant unique, où de nombreux enfants ont souffert de solitude et de manque d’affection (« ils appartiennent à la génération des enfants uniques, élevés dans la solitude » ligne 102). Cela se traduit par une chute du taux de natalité et peut s’entendre comme une critique du modèle éducatif chinois qui laisse des cicatrices psychologiques aux enfants, qui une fois devenus adultes, cherchent à les guérir en trouvant du réconfort et de l’amour auprès d’animaux de compagnie. Le marché s’est adapté à cette nouvelle demande (pâtisseries spécialisées, services funéraires, garderies, etc.), se transformant en véritable phénomène de société.
Question 3 - Documents 1, 2 et 3 : Dans les trois documents, quelle place les maîtres accordent-ils à leur animal ?
Les maîtres considèrent leur animal comme membre à part entière de leur famille. Dans le premier document, Guérassime et Moumoû partagent leur quotidien. Guérassime avoue même développer une forme de jalousie quand Moumoû s’intéresse à quelqu’un d’autre. Le comportement de Moumoû s’apparente à celui d’un enfant : la fierté d’être reconnue comme unique (« air de satisfaction » ligne 20), vouloir aider son parent (« gardait ses balais et ses pelles » ligne 17) et l’attendre avec inquiétude quand il disparait (« inquiète et impatiente » ligne 23). Dans le deuxième document, les animaux sont aussi comparés à des enfants gâtés (« Mes chiens sont comme ma famille » ligne 40). Les maîtres dépensent alors un budget conséquent pour leur animal, qui prend la place de l’enfant unique de la génération précédente. Dans le troisième document, le chien dort paisiblement dans le lit à côté du petit garçon, comme s’il était son petit frère (ou « meilleurs amis », selon le slogan). Les parents les regardent dormir, comme s’il s’agissait de deux enfants. Datant de 1956, il témoigne d’un phénomène plus précoce aux États-Unis qu’en Chine.
Question 4 - Documents 2 et 3 : Selon vous, ces deux documents portent-ils un regard critique sur la relation entre les maîtres et leurs animaux ?
Le document 2 est un article réalisé par GÉO et porte un regard extérieur sur le phénomène des « mao haïzi », ce qui permet une analyse plus critique que dans le troisième document qui est une affiche publicitaire où l’attachement pour les animaux de compagnie est justement utilisé comme support pour vendre de la nourriture pour chiens. Cette affiche représente le chien comme un véritable enfant : il le personnifie en lui donnant un caractère humain, jouant sur l’empathie des consommateurs. L’article de GÉO est plus subjectif et vise à décrire le phénomène sans apporter de jugement : il laisse le lecteur se faire son propre avis. Il ne fait que relayer des informations, avec d’une part le point de vue des maîtres, mais aussi une analyse statistique et historique du phénomène, avec notamment un héritage péjoratif des termes animaliers dans la langue chinoise (« stratège à tête de chien »).
Deuxième partie : essai
Nos conseils méthodologiques
Pour l’introduction, pensez à commencer par une amorce, à inclure une problématique à la forme interrogative, puis à finir par l’annonce de votre plan.
Vos parties doivent être équilibrées : il vaut mieux privilégier un plan en deux parties bien équilibrées qu’une troisième partie qui n’apporte rien et qui serait trop courte ! Chacune de vos parties doit comprendre deux ou trois arguments illustrés avec des exemples.
La conclusion ne doit pas apporter de nouveaux éléments : elle ne peut pas remplacer une troisième partie si cette dernière était trop courte et que vous avez décidé de la retirer ! Elle doit répondre à votre problématique de départ : pensez à la relire avant de rédiger votre conclusion. Vous pouvez également ajouter une ouverture amenant à la réflexion.
Attention, vous ne devez traiter qu'un seul sujet, celui de votre choix. Voici une correction détaillée des deux sujets proposés.
Sujet 1 : Selon vous, l’affection des humains pour leurs animaux de compagnie peut-elle devenir excessive ?
Notre analyse du sujet
Ce sujet nous invite à réfléchir aux impacts de l’affection que nous pouvons ressentir pour les animaux de compagnie, en opposant ses bienfaits à ses excès. Il est ainsi possible de construire notre plan en trois parties :
I. Pourquoi ressent-on de l’affectation pour les animaux de compagnie ?
II. Quels peuvent être les bénéfices de cette affection ?
III. Une affection excessive peut-elle devenir négative ?
Plan détaillé de correction
Amorce : Vêtements pour chiens, toiletteurs, salons de thé, aires de jeux pour animaux : nos compagnons à quatre pattes sont aujourd’hui considérés comme les enfants de la famille.
Problématique : Cette affection et humanisation des animaux de compagnie peut-elle parfois aller trop loin et devenir néfaste ?
Annonce du plan
I. L’origine de l’affectation pour les animaux de compagnie
Argument 1 : Une relation d’entraide qui se transforme en amitié.
Exemple 1 : Relation entre un chasseur et son chien, entre un aveugle et son chien aidant.
Référence 1 : Document 1 – la chienne aide son maître en gardant ses affaires et la maison, et lui apporte de la compagnie, notamment du fait qu’il soit muet.
Argument 2 : L’animal est assimilé à un enfant.
Exemple 2 : L’animal est parfois humanisé, il est traité comme un jeune enfant (place dans la famille, jouets, etc.).
Référence 2 : Relation entre Tereza et sa chienne Karenin dans L'Insoutenable légèreté de l'être (Milan Kundera, 1984)
II. Les bénéfices de cette affection
Argument 1 : Un bénéfice réciproque : la compagnie.
Exemple 1 : Les personnes âgées peuvent adopter un animal pour leur tenir compagnie, et leur disponibilité apporte aussi une présence permanente à l’animal.
Référence 1 : Dans Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove (Fredrik Backman, 2012), le chat vient rompre la solitude du vieil homme.
Argument 2 : Une relation thérapeutique.
Exemple 2 : Le maître comme l’animal peuvent devenir une thérapie pour l’autre, si l’animal a été battu avant d’être mis en refuge, par exemple, ou si le maître a aussi traversé des épreuves difficiles dans sa vie et a besoin de réconfort.
Référence 2 : Document 2 – Les jeunes adoptent des animaux en Chine au lieu d’avoir des enfants pour recevoir et donner l’amour qu’ils n’ont pas eu durant leur enfance.
III. Une affection excessive peut devenir négative
Argument 1 : L’animal commercial : l’animal devient un élément de communication pour vendre et une raison d’acheter plus.
Exemple 1 : Une humanisation excessive peut causer du tort à l’animal. Certains produits, achetés pour faire plaisir à l’animal, ou plutôt au maître, peuvent être inadaptés. La surconsommation engendre aussi des impacts écologiques.
Référence 1 : Document 2 – En Chine, avec le phénomène des « mao haïzi », le marché s’est développé pour que l’on puisse offrir à son animal des friandises, des vêtements, etc., comme à un enfant.
Argument 2 : Les impacts sociologiques et démographiques : de plus en plus de jeunes privilégient l’adoption d’un animal à un enfant (phénomène de "pet parenting").
Exemple 2 : Baisse du taux de natalité et dégradation des liens familiaux traditionnels.
Référence 2 : Dans La Possibilité d'une île (Michel Houellebecq, 2005), le chien Fox est le dernier lien affectif de Daniel dans une société qui devient individualiste.
Conclusion : une relation saine et équilibrée avec un animal de compagnie est positive, mais les excès peuvent être néfastes pour la société, l’écologie, voire l’animal lui-même.
Ouverture : est-ce qu’un amour excessif pour un bébé peut aussi être néfaste pour lui et pour la société ?
Sujet 2 : Respectons-nous vraiment les animaux quand nous en faisons nos compagnons ?
Notre analyse du sujet
Ce sujet nous invite à réfléchir à la place des animaux de compagnie dans notre vie, au respect que nous leur accordons, notamment en questionnant le terme de « compagnons ». Il est ainsi possible de construire notre plan en trois parties :
I. L’acte d’adoption, synonyme de reconnaissance et de respect envers l’animal ?
II. La relation n’est-elle pas imposée ?
III. Par quels moyens le respect des animaux est-il garanti ?
Plan détaillé de correction
Amorce : Adopter un « compagnon » est souvent une source de joie, mais la question éthique du respect que nous lui accordons peut échapper à beaucoup de nouveaux maîtres.
Problématique : L’adoption d’un animal permet-elle véritablement de le respecter ou construit-elle une relation déséquilibrée ?
Annonce du plan
I. Adopter est un acte d’amour et de respect envers l’animal
Argument 1 : Le « compagnon » peut tirer profit de l’adoption.
Exemple 1 : Adopter un animal à la rue ou dans un refuge permet de lui offrir de meilleures conditions de vie.
Référence 1 : Le cheval dans Black Beauty (Anna Sewell, 1877) finit par trouver des maîtres aimants malgré la maltraitance subie par le passé.
Argument 2 : Une relation d’entraide bénéfique aux deux parties peut naître de cette nouvelle relation, entrainant un attachement et un respect réciproques.
Exemple 2 : L’animal adopté reçoit des soins et un environnement sécurisant tandis que son maître peut aussi en tirer des bénéfices (compagnie, garde, etc.).
Référence 2 : Tintin veille sur Milou et ce dernier l’aide dans ses enquêtes.
II. La relation est imposée à l’animal
Argument 1 : L’utilisation du verbe « faire » montre que l’action est humaine et unilatérale : l’animal n’a pas le choix. Le terme « compagnon » peut sembler réducteur, car il renvoie à l’idée d’une simple compagnie.
Exemple 1 : Certaines adoptions ne sont pas bienveillantes envers l’animal, qui peut être assimilé à un objet, et amené ailleurs contre sa volonté.
Référence 1 : Dans le film « Le Monde de Nemo », les poissons sont adoptés par une famille irrespectueuse et ils tentent de s’enfuir.
Argument 2 : L’animal est exposé et peut être exploité ou maltraité.
Exemple 2 : L’exploitation animale était fréquente dans les champs ou les mines avant la mécanisation.
Référence 2 : Les chevaux de mine sont considérés comme dans consommables dans Germinal (Émile Zola, 1885).
III. Le respect des animaux doit être encadré afin d’être garanti
Argument 1 : Les actes de maltraitance doivent être réprimés.
Exemple 1 : Lois pour le respect du droit des animaux.
Référence 1 : Déclaration universelle des droits de l'animal (1978).
Argument 2 : La domestication et l’encadrement du travail animal.
Exemple 2 : Le bien-être animal des animaux utilisés pour travailler est aujourd’hui encadré.
Référence 2 : "Cinq Libertés" fondamentales établies par l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) : absence de faim, de peur et de stress.
Conclusion : L’adoption d’un « compagnon » impose obligatoirement une relation déséquilibrée au début, l’animal n’ayant pas le choix. Mais cela n’implique pas toujours un manque de respect envers l’animal, qui peut aussi tirer des bénéfices de cette relation si un équilibre est trouvé. Ses droits sont par ailleurs de plus en plus protégés afin d’éviter les actes de maltraitance et d’exploitation.
Ouverture : Le respect que nous devons à un animal est-il le même que celui dans une relation humaine ?