Pour étudier le lien entre les étudiants et l'intelligence artificielle, qui a connu un progrès technique sans précédent au cours de ces dernières années et qui s'est également introduite dans la vie universitaire, une enquête a été menée par Ipsos bva pour l'école d'ingénieurs EPITA auprès d'un échantillon représentatif de 1000 étudiants qui suivent leurs cursus en France métropolitaine et qui ont été interrogés en ligne à ce sujet entre début et mi-janvier 2026. Voici ce qu'ont révélé les résultats de cette enquête.

Quelle familiarité des étudiants avec l’IA ?
L’IA générative est un sujet qui intéresse une majorité (77%) des étudiants, dont une écrasante majorité (90%) sait très bien de quoi il s’agit exactement lorsqu’on évoque l’IA. Et presque autant d’étudiants y ont déjà eu recours au moins une fois dans leur vie personnelle (89%) et étudiante (92%) ; et c’est même une chose qui est faite de façon au moins hebdomadaire par 3 étudiants sur 4.
Bien que seule une minorité (30%) d’étudiants aurait du mal à s’en passer dans leur vie personnelle, ça serait le cas presque pour la moitié d’entre eux en ce qui concerne leur vie étudiante.
On remarque ainsi clairement que la population étudiante d’aujourd’hui est très majoritairement familière avec l’IA, et qu’une bonne partie l’a totalement intégrée dans son fonctionnement.
Quels usages de l’IA générative par les étudiants ?
L’enquête montre que chez les étudiants, l’IA générative est davantage utilisée pour la rédaction que pour l’instruction dans leur vie personnelle. Ainsi, les tâches les plus réalisées par les étudiants en recourant à une IA sont la rédaction de CV, lettres de motivation et documents divers ; les explications et les recherches ne viennent qu’après.
C’est plus en revanche plus équitablement réparti en ce qui concerne l’utilisation de l’IA dans le cadre universitaire : elle est utilisée autant pour les explications et les recherches que pour les rédactions. Ces rédactions incluent même les devoirs notés pour lesquels ils sont majoritaires (64%) à admettre avoir usé de l’IA pour les rédiger alors qu’elle était interdite.
Formation et maîtrise de l’IA
Une majorité des étudiants (73%) affirme avoir reçu du contenu préventif sur l’IA et une partie conséquente (43%) a accès au contenu pédagogique sur ses usages.
Cependant, la prévention n’a pas comblé tous ses objectifs, puisque plus de la moitié des étudiants (56%) a affirmé être mal informée sur au moins la moitié des risques liés à l’IA sur lesquels ils ont été interrogés. Ils ne sont par ailleurs que très minoritaires (15%) à placer l’impact de l’IA et des avancées technologiques dans le top de leurs priorités d’ordre politique.
Concernant la maîtrise de l’IA par les étudiants, ces derniers s’estiment plutôt performants pour réaliser des tâches les plus simples, comme l’ajustement des prompts jusqu’à l’obtention d’un résultat satisfaisant ou encore l’évaluation de la qualité des résultats générés (78%), mais moins sur les tâches les plus techniques, comme le paramétrage des paramètres de la confidentialité, qui lui est maîtrisé seulement par moins de la moitié (46%) des étudiants. Il est cependant à noter qu’il ne s’agit que d’une auto-évaluation des étudiants ; ces résultats sont donc à nuancer.
Concernant la connaissance du fonctionnement de l’IA, elle est également plutôt bonne si nous nous basons sur un questionnaire « vrai ou faux » adressé aux étudiants, qui ont été majoritaires à fournir la bonne réponse à chacune des questions posées. Curieusement, cette connaissance n’est pas forcément corrélée positivement avec l’usage quotidien de l’IA dans le cadre universitaire, et les étudiants qui l’utilisent tous les jours se sont trompés plus souvent que les autres sur la moitié des questions posées.
Quelles perspectives pour l'IA d'après les étudiants ?
Les appréhensions des étudiants vis-à-vis de l’IA
Les craintes des étudiants vis-à-vis de l’IA gravitent majoritairement autour de 3 aspects : la sécurité, l’emploi et le niveau intellectuel.
En effet, une majorité (59%) d’entre eux redoute que l’IA menace leur futur métier, et c’est une préoccupation qui est même prioritaire pour 26% des étudiants.
La majorité pense également que l’IA rend les étudiants moins créatifs (56%) et autonomes (53%) ; préoccupation au sujet des capacités intellectuelles qui arrive là aussi en tête chez les étudiants (prioritaire pour 28% d’entre eux).
La majorité des étudiants (61%) pense enfin que l’IA n’est pas sécurisée, et presque autant (60%) craignent un manque de transparence. La protection des données personnelles est, elle, une préoccupation prioritaire pour 20% des étudiants.
Les attentes des étudiants vis-à-vis de l’IA
Les étudiants ont également beaucoup d’attentes liées à l’IA : avancées majeures dans le domaine de la santé (prioritaire pour 32% des étudiants), accélération de la recherche (30%), automatisation (29%) et simplification (26%) des tâches quotidiennes, étudiantes ou professionnelles… Et seuls 7% des étudiants n’ont aucun espoir quant aux progrès liés au développement de l’IA.
Conclusion
L’enquête a ainsi montré que l’IA est aujourd’hui bel et bien intégrée par les étudiants, qui en font aujourd’hui divers usages récurrents dans la vie personnelle et étudiante, au point où une partie aurait du mal à s’en passer, même si la prévention au sujet de l’intelligence artificielle n’a pas encore atteint tous ses objectifs au vu des lacunes existantes encore aujourd’hui. En ce qui concerne l’avenir, l’IA nourrit à la fois des craintes et des espoirs chez les étudiants, certains plus prononcés que d’autres.